La "bromance" Trump-Poutine : une illusion démasquée par les experts
Trump-Poutine : une illusion démasquée par les experts

La "bromance" Trump-Poutine : une illusion à déconstruire

La politologue Hanna Notte et le spécialiste Michael Kimmage, dans un essai publié dans Foreign Affairs, invitent à gratter le vernis soigneusement entretenu par les deux dirigeants. Ils révèlent que Vladimir Poutine est bien loin de profiter de la nouvelle administration Trump comme espéré, malgré les apparences d'une relation cordiale.

Des attentes déçues pour Moscou

Hanna Notte, directrice du programme de non-prolifération Eurasie au James Martin Center for Nonproliferation Studies, explique à L'Express que Moscou pensait bénéficier d'une administration plus indulgente. Le Kremlin espérait une normalisation des relations, notamment économiques, et que la question ukrainienne passerait au second plan. Le sommet d'Alaska en 2025 avait donné des raisons d'optimisme, mais la réalité a été différente.

Donald Trump a réduit partiellement le soutien à l'Ukraine sans l'abandonner, n'a pas retiré les troupes américaines d'Europe ni quitté l'OTAN. Les relations restent tendues : pas d'ambassadeur américain à Moscou, pas de levée des sanctions, et de nouvelles sanctions imposées à des compagnies pétrolières russes comme Rosneft et Lukoil.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un manque de respect et des conséquences globales

Trump montre un manque de respect envers Poutine, selon Notte, en recourant à la force contre des partenaires de la Russie comme l'Iran ou le Venezuela, et en s'impliquant dans des régions considérées comme la sphère d'influence russe. Le Conseil de la paix proposé par Trump illustre cette dynamique, où la Russie serait subordonnée, une situation inacceptable pour Moscou.

Les menaces de Trump envers le Groenland et ses commentaires sur l'OTAN, bien que sérieux, ont conduit à une consolidation des relations intra-européennes et à un renforcement de la défense européenne. Cela pourrait aboutir à un pilier européen plus fort au sein de l'OTAN, face auquel la Russie devra composer.

Les risques pour l'avenir et la dépendance envers la Chine

Si 2025 a été décevant, 2026 pourrait être pire. La guerre en Ukraine pourrait persister, avec de possibles nouvelles sanctions américaines. Trump pourrait aussi cibler d'autres partenaires russes, affaiblissant davantage Moscou. Face à cela, la Russie se tourne vers la Chine comme bouée de sauvetage économique, mais cela renforce une relation asymétrique.

La Russie dépend de plus en plus de Pékin : 40% des importations et 30% des recettes d'exportation proviennent de Chine. Cette dépendance confère à Pékin un pouvoir de négociation croissant, comme le montre la baisse des prix du pétrole russe pour la Chine. À long terme, cette emprise n'est pas souhaitable pour Moscou.

L'influence dans les pays du Sud et les limites

Moscou a habilement présenté sa guerre en Ukraine comme une lutte antinéocolonialiste dans les pays du Sud, exploitant le ressentiment envers l'Occident. Cependant, cela ne se traduit pas par un soutien concret massif. La plupart de ces pays restent prudents, conscients de la puissance persistante des États-Unis et de l'Occident.

En résumé, la "bromance" entre Trump et Poutine est une façade. Les relations restent conflictuelles, avec des sanctions, un renforcement européen, et une dépendance russe croissante envers la Chine. L'avenir s'annonce incertain pour Moscou, loin des espoirs initiaux.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale