Donald Trump change de ton sur l'Otan et pousse ses alliés à sécuriser le détroit d'Ormuz
Trump pousse l'Otan à sécuriser le détroit d'Ormuz

Un revirement stratégique de Donald Trump sur l'Otan

Durant les premiers jours du conflit, l'ancien président américain Donald Trump s'est soigneusement abstenu de mentionner l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, préférant mettre en avant la puissance militaire autonome des États-Unis. Trois semaines plus tard, le ton a radicalement changé, comme le rapporte le Washington Post. Confronté à la flambée des prix du pétrole, Trump exerce désormais une pression accrue sur ses alliés, avec un objectif clair : leur déléguer la délicate mission de sécuriser le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique pour le commerce pétrolier mondial.

Les réticences persistantes des alliés européens

Cette manœuvre se heurte cependant à une méfiance profonde de la part des dirigeants européens. Après plus d'une année de critiques acerbes de Trump envers ses alliés, qu'il accusait de ne pas contribuer suffisamment au financement de l'alliance transatlantique, et après ses menaces directes envers le Groenland et le Danemark, la partie s'annonce ardue. Les Européens n'ont pas non plus oublié les droits de douane massifs imposés par l'administration Trump, qui ont durablement refroidi leurs opinions publiques vis-à-vis des États-Unis.

Bien qu'inquiets de la hausse des prix de l'énergie, la majorité des alliés restent extrêmement prudents à l'idée de s'impliquer dans un conflit dont la légalité internationale reste à démontrer. Cette frilosité a visiblement exaspéré Donald Trump, dont la position s'est durcie cette semaine face au refus européen, allant jusqu'à qualifier l'Otan de "lâche". "Je pense que l'Otan fait une très grave erreur", a-t-il déclaré mardi, avant d'ajouter : "Je me demande depuis longtemps si l'Otan serait vraiment là pour nous."

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La pression américaine pour un transfert des responsabilités

Vendredi, Donald Trump a laissé entendre de manière plus explicite que le conflit au Moyen-Orient pourrait bientôt devenir la responsabilité exclusive de ses alliés. Il a indiqué que les États-Unis envisageaient de "réduire" leurs efforts militaires concernant l'Iran, et n'a pas caché sa volonté de transférer le fardeau opérationnel. "Le détroit d'Ormuz devra être surveillé et contrôlé, si nécessaire, par les autres nations qui l'utilisent — pas par les États-Unis !", a-t-il écrit sur Truth Social, affirmant que "ce sera une opération militaire facile pour eux".

Ce changement de cap n'est pas entièrement surprenant. Depuis le début des hostilités, Donald Trump fait face à une résistance interne croissante, alimentée par les conséquences directes du conflit sur l'électorat américain. Alors que Téhéran a pratiquement bloqué le détroit d'Ormuz, les prix de l'essence ont bondi de 33 % au cours du dernier mois aux États-Unis. Cette inflation galopante creuse les divisions au sein même du Parti républicain et fait craindre une défaite aux élections de mi-mandat.

Un flou stratégique persistant à Washington

Washington continue d'envoyer des signaux contradictoires. Si les déclarations récentes de Donald Trump laissent penser que les États-Unis préparent la fin de leur engagement, le Pentagone a simultanément élaboré plusieurs plans d'action offensifs. L'un d'eux impliquerait le déploiement de plusieurs milliers de parachutistes de la 82e division aéroportée dans des zones clés en Iran, selon deux responsables informés cités par le Washington Post.

La Maison-Blanche minimise pour l'instant la possibilité d'un engagement direct de troupes au sol, mais ne l'exclut pas totalement. "Le rôle du Pentagone est de préparer différentes options pour le commandant en chef", a déclaré la porte-parole Karoline Leavitt, précisant que "cela ne signifie pas qu'une décision a été prise". La semaine dernière, le Pentagone a également redirigé plusieurs milliers de Marines depuis le Pacifique vers le Moyen-Orient afin de renforcer les forces disponibles dans la région.

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Les pays du Golfe réévaluent leurs alliances de sécurité

Dans ce contexte d'incertitude, Washington tente de rassurer ses alliés arabes, cibles de représailles iraniennes depuis le début du conflit, en leur garantissant un engagement ferme pour leur sécurité. Cependant, selon plusieurs experts cités par le New York Times, cette guerre pourrait conduire les pays du Golfe à revoir fondamentalement leur stratégie sécuritaire pour réduire leur dépendance historique envers les États-Unis.

Forcée de constater les limites de la protection américaine ces dernières semaines, l'Arabie saoudite s'est déjà tournée vers l'Ukraine pour diversifier ses partenariats. Les Émirats arabes unis ont quant à eux sollicité l'aide de la France et de l'Australie. Plusieurs gouvernements du Golfe ont également demandé à l'Italie de fournir des systèmes de défense antidrones et antiaériens sophistiqués. Ce précédent pourrait redéfinir durablement les équilibres d'alliance dans une région en pleine recomposition géopolitique.