Donald Trump déploie une coalition militaire en Amérique latine et menace Cuba
En pleine guerre en Iran, le président américain Donald Trump a officiellement lancé samedi une « coalition militaire » avec plusieurs alliés d'Amérique latine. Cette initiative, baptisée « Bouclier des Amériques », vise à « éradiquer » les cartels criminels, avec la possibilité d'utiliser des missiles si nécessaire. Parallèlement, Trump a proféré des déclarations offensives envers Cuba, assurant en Floride que l'île communiste, en proie à une grave crise économique et sociale, « vivait ses dernières heures » et qu'il allait « s'en occuper ».
Un sommet stratégique à Miami
Douze dirigeants latino-américains ont rejoint Donald Trump au Trump National Doral Golf à Miami pour ce sommet. Parmi eux, des adeptes enthousiastes de sa rhétorique nationaliste, comme le président argentin Javier Milei et le chef d'État du Salvador Nayib Bukele. Trump a quitté la Floride après son allocution pour rejoindre la base aérienne de Dover, où il doit accueillir les dépouilles des six premiers soldats américains tués dans la guerre contre l'Iran.
Échos avec la stratégie iranienne et vénézuélienne
Le conflit au Moyen-Orient et la stratégie de Trump en Amérique latine, bien que distincts, se font écho. Le milliardaire de 79 ans souhaite appliquer en Iran la même méthode qu'au Venezuela. Après avoir capturé le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, l'administration Trump traite désormais avec l'ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez, notamment sur les questions pétrolières. Trump a répété qu'après l'offensive en Iran, il se tournerait vers Cuba, déclarant : « Au moment où nous accomplissons une transformation historique au Venezuela, nous sommes aussi impatients de voir le grand changement qui va bientôt se produire à Cuba. » Il a ajouté que des négociations étaient en cours avec Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine.
Lutte contre le narcotrafic et menaces de missiles
La rencontre de samedi se concentre sur la lutte contre le trafic de drogue, qualifié de « cancer » par Trump. Il a affirmé : « Nous travaillons avec vous pour faire tout ce qui est nécessaire. Nous utiliserons des missiles. Vous voulez qu'on utilise un missile ? » En évoquant la criminalité organisée, il a précisé : « Ils sont extrêmement précis. Hop, pile dans le salon, et c'est fini pour ce membre de cartel. » Washington mène déjà depuis septembre une intense campagne de frappes aériennes contre des bateaux impliqués dans le narcotrafic dans les Caraïbes et le Pacifique, ayant causé la mort d'au moins 150 personnes.
Absences notables et défis stratégiques
Irene Mia, experte de l'International Institute for Strategic Studies, souligne cependant que « sans le Mexique et le Brésil, il sera difficile de s'attaquer aux problèmes » de criminalité organisée. Ni la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum ni le président brésilien Lula, tous deux de gauche, n'ont assisté au sommet. Le président colombien Gustavo Petro, également progressiste, est aussi absent. Trump a décrit le Mexique comme « l'épicentre de la violence des cartels ».
La doctrine Donroe et les ambitions américaines
Ce sommet vise à affirmer les ambitions américaines face à Pékin sur le continent, à quelques semaines d'une visite de Trump en Chine. Il s'inscrit dans la « doctrine Donroe », une contraction du prénom du président et du nom de James Monroe, qui désignait il y a plus d'un siècle l'Amérique latine comme la chasse gardée des États-Unis. Les pays représentés sont :
- L'Argentine
- Le Salvador
- L'Équateur
- La Bolivie
- Le Costa Rica
- La République dominicaine
- Le Guyana
- Le Honduras
- Panama
- Le Paraguay
- Le Chili
- Trinité-et-Tobago
Trump, qui brouille la frontière entre les affaires de l'État et la promotion de ses intérêts privés, organisera aussi le sommet du G20 dans son golf de Doral cette année. Cette décision a été vivement critiquée par l'opposition, bien que la Maison Blanche assure que le président n'en tirera aucun profit.



