Trump évoque Pearl Harbor devant la Première ministre japonaise lors d'une demande d'aide pour le détroit d'Ormuz
Trump cite Pearl Harbor face à la dirigeante japonaise Takaichi

Une référence historique maladroite dans le Bureau ovale

Le président américain Donald Trump a reçu jeudi la Première ministre japonaise Sanae Takaichi à la Maison Blanche pour solliciter l'assistance de son pays afin de débloquer le détroit d'Ormuz, stratégique pour le transport pétrolier. La rencontre, destinée à renforcer la coopération bilatérale, a pris un tour inattendu lorsque le républicain a fait référence à l'attaque surprise de Pearl Harbor par le Japon en 1941.

Un moment de gêne palpable

Alors qu'un journaliste japonais interrogeait Trump sur son manque de consultation des alliés avant le déclenchement de la guerre en Iran, le président a justifié sa décision par la volonté de garder l'élément de surprise. « Qui connaît mieux les surprises que le Japon ? », a-t-il lancé, ajoutant : « Pourquoi ne m'as-tu pas parlé de Pearl Harbor ? ». La remarque a provoqué un silence gêné dans le Bureau ovale, tandis que Sanae Takaichi, visiblement mal à l'aise, a laissé échapper un léger soupir et s'est reculée dans son fauteuil.

L'attaque de Pearl Harbor, survenue le 7 décembre 1941, avait précipité l'entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale et conduit à la capitulation du Japon en 1945, après les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki qui ont fait 214 000 morts. Cette référence historique sensible intervient dans un contexte où Trump presse ses alliés, dont le Japon, de fournir une assistance militaire pour rouvrir le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran.

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Des enjeux énergétiques critiques pour le Japon

La guerre en Iran représente une menace directe pour la sécurité énergétique japonaise. Quatrième économie mondiale, le Japon est le cinquième importateur de pétrole, avec environ 70 % de ses approvisionnements transitant par le détroit d'Ormuz. Malgré les éloges de Trump, qui a qualifié Takaichi de « personne très spéciale » et de « femme formidable », la dirigeante japonaise n'a pas promis d'envoyer des forces militaires, invoquant les contraintes de la Constitution japonaise imposée en 1947 par les États-Unis, qui renonce à la guerre.

Sanae Takaichi a condamné les attaques de l'Iran et présenté Trump comme seul capable d'apporter la « paix » dans le monde. Cependant, elle a souligné que « l'environnement sécuritaire devenait de plus en plus difficile » en Asie-Pacifique, exprimant des inquiétudes face aux ambitions chinoises et à un possible désintérêt de l'administration Trump.

Un précédent avec l'Allemagne

Cette scène rappelle une rencontre similaire en juin 2025 entre Donald Trump et le chancelier allemand Friedrich Merz. Le président américain, avec sa vision binaire de l'Histoire opposant « vainqueurs » et « perdants », avait alors déclaré que le débarquement allié de juin 1944 n'avait pas été « une très bonne journée » pour les Allemands, ce à quoi Merz avait répliqué que cette journée avait conduit à la fin du régime nazi.

Trump a salué la « bonne volonté » du Japon face à ses demandes d'aide pour sécuriser le transport maritime dans le Golfe, affirmant : « Je pense que, d'après les déclarations qui nous ont été faites hier et avant-hier concernant le Japon, ce pays monte vraiment au créneau, oui », avant d'ajouter, après une pause : « pas comme l'Otan ». Il n'a pas précisé la nature des engagements pris par Takaichi, qui a plusieurs fois évoqué les limites légales japonaises.

Coopérations économiques et refus alliés

Sur le plan commercial, les États-Unis et le Japon ont annoncé un investissement de 40 milliards de dollars dans la construction de petits réacteurs nucléaires (SMR) aux États-Unis, ainsi qu'une collaboration de 33 milliards de dollars pour des sites d'exploitation de gaz naturel. Ces accords contrastent avec les tensions diplomatiques, car Trump a exprimé sa fureur face aux refus successifs de la quasi-totalité des pays alliés de fournir une assistance pour le détroit d'Ormuz.

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Depuis, le Japon s'est associé à la France, au Royaume-Uni, à l'Allemagne, à l'Italie et aux Pays-Bas pour se dire « prêt à contribuer » à sécuriser le détroit, par lequel transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole. Cette initiative collective souligne l'importance stratégique de la région et les défis persistants de la coopération internationale sous l'ère Trump.