Donald Trump évoque ouvertement un possible changement de régime en Iran
La tension diplomatique entre les États-Unis et l'Iran a connu une escalade significative ce vendredi. Depuis la base militaire de Fort Bragg, en Caroline du Nord, le président américain Donald Trump a publiquement évoqué l'hypothèse d'un renversement du pouvoir à Téhéran. Cette déclaration intervient dans un contexte de négociations particulièrement fragiles concernant le programme nucléaire et les capacités balistiques de la République islamique.
Des propos sans ambiguïté sur un changement de régime
Interrogé directement sur la possibilité d'un « changement de régime » en Iran, Donald Trump a répondu de manière tranchée : « Il semble que ce serait la meilleure chose qui puisse arriver ». Le président américain a également profité de cette occasion pour dénoncer avec virulence l'attitude des dirigeants iraniens depuis la Révolution islamique de 1979. « Depuis 47 ans, ils parlent et parlent et parlent. Et pendant ce temps nous avons perdu beaucoup de vies », a-t-il déclaré en quittant la base militaire, soulignant le coût humain des décennies de tensions.
Renforcement militaire avec un deuxième porte-avions
Dans le même temps, Donald Trump a confirmé l'envoi « très bientôt » d'un deuxième porte-avions américain dans la région du Golfe persique. Ce déploiement fait suite à celui de l'USS Abraham Lincoln en janvier dernier. Le porte-avions Gerald Ford doit ainsi rejoindre la zone à une date encore non précisée. Bien que les cibles potentielles d'une éventuelle intervention militaire n'aient pas été détaillées, le président américain avait menacé jeudi l'Iran de conséquences « traumatisantes », faisant référence au bombardement de sites nucléaires iraniens lors d'une guerre de douze jours déclenchée par Israël en juin.
Des négociations indirectes au point mort
Les discussions indirectes entre Washington et Téhéran ont officiellement repris le 6 février à Oman, mais sans aucune garantie de succès. Les États-Unis, fortement encouragés par Israël, souhaitent inclure dans un éventuel accord non seulement les questions nucléaires, mais aussi les missiles balistiques et le soutien iranien à des groupes armés régionaux comme le Hamas ou le Hezbollah. De son côté, l'Iran affirme ne vouloir négocier que sur le dossier nucléaire et insiste pour conserver ses capacités d'enrichissement d'uranium, créant un blocage majeur.
L'AIEA évoque un accord « possible » mais « terriblement difficile »
Sur le plan diplomatique, le secrétaire général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a jugé ce vendredi qu'un accord sur les inspections était « possible », mais « terriblement difficile ». Ce pessimisme prudent fait écho au refus de l'Iran, en novembre dernier, de laisser l'AIEA inspecter plusieurs sites bombardés en juin, compliquant davantage le processus de vérification.
Une contestation intérieure toujours vive
Parallèlement à ces tensions internationales, la contestation intérieure en Iran reste extrêmement vive. Reza Pahlavi, fils exilé du dernier chah d'Iran, a appelé à manifester samedi dans plusieurs villes comme Munich, Toronto et Los Angeles, exhortant les Iraniens à s'y associer depuis l'intérieur du pays. Selon les données de la Human Rights Activists News Agency, les récentes protestations du début janvier ont été particulièrement sanglantes :
- Au moins 7.008 personnes ont été tuées lors de ces manifestations.
- Plus de 53.000 personnes ont été arrêtées par les autorités.
Les autorités iraniennes avancent pour leur part un bilan officiel de plus de 3.000 morts, qu'elles attribuent à des « terroristes » soutenus, selon elles, par Israël et les États-Unis. Cette divergence de chiffres illustre la profonde crise politique et sociale que traverse le pays, ajoutant une dimension interne explosive aux tensions géopolitiques déjà existantes.



