Donald Trump exhorte les alliés à sécuriser le détroit d'Ormuz, mais les réponses restent froides
Trump appelle les alliés pour Ormuz, réponses froides

Un appel pressant de Donald Trump pour sécuriser le détroit d'Ormuz

Le président américain Donald Trump a lancé un appel insistant ce week-end, via son réseau social Truth Media, exhortant plusieurs pays à venir en soutien des États-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz. Ce passage stratégique, aujourd'hui bloqué par l'Iran, voit transiter un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz liquéfié. Dans son message, Trump a affirmé : "De nombreux pays vont envoyer des navires de guerre, en collaboration avec les États-Unis, pour maintenir le détroit ouvert et sûr." Il a ensuite ciblé spécifiquement la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d'autres nations, espérant qu'elles enverraient des navires dans la région pour éviter que le détroit ne soit "menacé par un pays totalement décapité."

Des menaces voilées envers l'Otan et des réactions mitigées

Cet appel s'est doublé d'une légère menace adressée à l'Otan lors d'une interview au Financial Times. Trump a mis en garde : "S'il n'y a pas de réponse ou si celle-ci est négative, je pense que cela aura des conséquences très mauvaises pour l'avenir de l'Otan." Cependant, ce ton impérieux n'a pas produit les effets escomptés. Pour l'instant, aucun pays n'a répondu favorablement à sa demande, bien que tous soient affectés par le blocus d'Ormuz. Les nations concernées semblent réticentes à s'engager dans un conflit pour lequel elles n'ont pas été consultées.

Certains alliés ont même opposé une fin de non-recevoir catégorique. Le ministre de la Défense allemand, Boris Pistorius, a déclaré : "Ce n'est pas notre guerre ; nous n'avons pas déclenchée." Du côté espagnol, le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a exprimé une froideur similaire : "Nous ne devons rien faire qui puisse ajouter encore plus de tension ou aggraver la situation." L'Australie a également refusé, avec Catherine King, membre du cabinet du Premier ministre Anthony Albanese, affirmant lors d'une interview à ABC : "Nous n'enverrons pas de navire dans le détroit d'Ormuz." Le Japon, quant à lui, a jugé plus urgent de débloquer ses ressources stratégiques de pétrole.

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La prudence des alliés européens et asiatiques

L'Italie, pourtant proche de Donald Trump sous la direction de Giorgia Meloni, n'a pas montré plus de réceptivité. Son ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a souligné lundi que la diplomatie était la solution privilégiée pour résoudre la crise. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a déclaré que son pays ne souhaitait pas être "entraîné dans une guerre plus vaste." Cette position contraste avec une suggestion antérieure d'envoyer deux navires britanniques dans le golfe Persique, que Trump avait alors balayée d'un revers de main, répondant : "Nous n'avons pas besoin que des gens nous rejoignent pour des guerres qu'on a déjà gagnées."

La France reste également prudente. Avant même l'appel de Trump, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, avait annoncé sur France 24 qu'il n'était pas question d'envoyer des navires de guerre dans le détroit d'Ormuz. Le président Emmanuel Macron a expliqué que la France cherchait à constituer une coalition pour sécuriser le détroit "une fois que la situation sécuritaire se sera stabilisée." Paris aurait mené des consultations à cet effet avec des pays asiatiques, européens et des États du Golfe la semaine dernière.

Pistes européennes et réactions chinoises

Au niveau de l'Union européenne, une piste a été évoquée par la diplomate en chef, Kaja Kallas, lundi matin. Elle pourrait consister en une extension de la mission Aspides, actuellement déployée en mer Rouge pour protéger le trafic maritime contre les attaques des milices houthistes. Kallas a précisé : "Nous discuterons avec les États membres pour voir s'il est possible de réellement modifier le mandat de cette mission."

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Donald Trump a même appelé la Chine, alliée de Téhéran, arguant qu'elle importe la majorité de son pétrole d'Iran et qu'"il est logique que les gens qui bénéficient du détroit doivent aider pour faire en sorte que rien de grave n'arrive là-bas." Il a menacé de reporter sa rencontre avec le président Xi Jinping, prévue du 31 mars au 2 avril à Pékin, si la Chine ne faisait pas pression sur l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz.

Des réactions tièdes et un ton vexé de la Maison-Blanche

Ces réactions tièdes ne sont pas imprévisibles, car les pays sollicités n'ont pas apprécié de n'avoir été consultés en amont de l'intervention israélo-américaine. Lors d'une conférence de presse lundi à la Maison-Blanche, Trump a alterné entre vexation et indifférence, déclarant : "Vous voulez dire que ça fait quarante ans qu’on vous protège et que vous ne voulez pas vous impliquer dans une affaire qui est vraiment mineure ?" Il a même sous-entendu que son appel était surtout pour la forme : "Nous n’avons besoin de personne ; nous sommes la nation la plus puissante du monde. Dans certains cas, je le fais presque non pas parce que nous avons besoin d’eux, mais parce que je veux voir comment ils réagissent." Il a toutefois affirmé que "de nombreux pays" lui avaient dit qu'ils "étaient en route", mais a refusé de les nommer, précisant : "Je préfère ne pas le dire pour l’instant, mais nous les annoncerons."