Le secrétaire d'État américain rejette catégoriquement les accusations du président ukrainien
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a vivement démenti, ce vendredi, les propos du président ukrainien Volodymyr Zelensky concernant d'éventuelles pressions des États-Unis pour obtenir des concessions territoriales de l'Ukraine en faveur de la Russie. Devant la presse, à l'issue d'une réunion du G7 organisée non loin de Paris, Marco Rubio a accusé Volodymyr Zelensky de « mentir » en affirmant que les États-Unis conditionnaient l'octroi de garanties de sécurité à de telles concessions.
Un démenti ferme et des accusations de mensonge
« C'est un mensonge », a déclaré avec force Marco Rubio, ajoutant : « J'ai vu Volodymyr Zelensky dire cela, et c'est regrettable qu'il l'ait dit, car il sait que ce n'est pas vrai ». Le chef de la diplomatie américaine a précisé que les garanties de sécurité ne pourraient entrer en vigueur qu'après la fin de la guerre, pour éviter une implication directe des États-Unis dans le conflit, mais sans exiger de cession de territoires.
Volodymyr Zelensky avait affirmé, dans un entretien récent, que les États-Unis faisaient pression pour que l'Ukraine retire entièrement ses troupes de la région orientale du Donbass, afin de mettre un terme à la guerre. Marco Rubio, perçu d'ordinaire comme l'un des plus fervents soutiens de l'Ukraine au sein de l'administration de Donald Trump, a exprimé son incompréhension face à ces déclarations : « Ce n'était pas assorti de la condition qu'il cède des territoires [...] Je ne sais pas pourquoi il dit ces choses-là. Ce n'est pas vrai ».
Le contexte géopolitique du Donbass et les inquiétudes ukrainiennes
Le bassin minier du Donbass, qui regroupe les régions de Lougansk et de Donetsk, reste un point névralgique du conflit. Moins de 20 % de la région de Donetsk est toujours sous le contrôle des troupes ukrainiennes, après quatre ans de guerre provoquée par l'invasion russe. Alors que les négociations sont dans l'impasse, Volodymyr Zelensky s'inquiète que le conflit avec l'Iran ne détourne l'attention de Washington et de la communauté internationale, laissant l'Ukraine dans une position vulnérable.
La gestion des stocks d'armement et les priorités américaines
Lors de cette même conférence de presse, Marco Rubio a également abordé la question sensible des livraisons d'armes à l'Ukraine. Il n'a pas exclu que certaines livraisons puissent être déroutées pour répondre aux besoins américains dans le conflit au Moyen-Orient, bien que rien n'ait encore été mis en œuvre dans ce sens. « Rien n'a encore été dérouté mais cela pourrait arriver », a-t-il indiqué, soulignant la priorité donnée aux intérêts nationaux : « Si nous avons besoin de quelque chose pour l'Amérique et que c'est américain, nous allons le garder d'abord pour l'Amérique ».
Cette déclaration souligne les tensions potentielles dans la gestion des ressources militaires, alors que l'Ukraine dépend fortement du soutien occidental pour résister à l'agression russe. Les propos de Marco Rubio reflètent une approche pragmatique, où les besoins américains prévalent, même s'ils pourraient affecter les alliés en temps de crise.



