États-Unis : la présidente de la CPI dans le viseur de Washington
États-Unis : la présidente de la CPI dans le viseur

Les États-Unis ont annoncé des sanctions contre Tomoko Akane, la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), a rapporté Libération le 19 août 2026. Cette décision, prise par l'administration américaine, vise directement la magistrate japonaise, qui dirige l'institution depuis mars 2024. Les sanctions incluent le gel des avoirs et l'interdiction de visa pour toute entrée sur le territoire américain.

Une escalade dans les tensions entre Washington et la CPI

Cette mesure s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et la CPI. Washington reproche à la Cour d'avoir ouvert des enquêtes sur des ressortissants américains, notamment en lien avec des opérations en Afghanistan, ainsi que sur des responsables israéliens dans le cadre du conflit à Gaza. Selon l'administration américaine, ces enquêtes sont « injustifiées et ciblent indûment des alliés des États-Unis ».

Tomoko Akane, ancienne procureure générale du Japon, a été élue à la présidence de la CPI en mars 2024. Elle a immédiatement condamné les sanctions, les qualifiant d'« attaque sans précédent contre l'État de droit international ». Dans un communiqué, elle a souligné que la CPI continuerait à remplir son mandat « sans crainte ni faveur ».

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Des réactions internationales mitigées

Les sanctions américaines ont suscité des réactions contrastées sur la scène internationale. L'Union européenne a exprimé son « profond regret » et a réaffirmé son soutien à la CPI, estimant que ces mesures « nuisent à la lutte contre l'impunité ». De son côté, Israël a salué la décision, la jugeant « nécessaire pour protéger les soldats israéliens de poursuites politiques ».

L'annonce intervient alors que la CPI mène plusieurs enquêtes sensibles, notamment sur des crimes de guerre présumés en Ukraine, au Soudan et en Palestine. Selon des sources proches de la Cour, les sanctions pourraient entraver le travail des enquêteurs et limiter l'accès à des témoins clés.

Un impact potentiel sur les enquêtes en cours

Les experts juridiques préviennent que ces sanctions pourraient affaiblir la crédibilité de la CPI à long terme. « C'est un coup dur pour l'institution, mais elle a survécu à des pressions similaires par le passé », a déclaré un analyste cité par Libération. La CPI a déjà été confrontée à des sanctions américaines en 2020, sous la première administration Trump, qui avaient été levées par l'administration Biden en 2021.

Tomoko Akane a promis de « résister à ces tentatives d'intimidation » et de poursuivre les travaux de la Cour. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si les alliés de la CPI, notamment les États européens, prendront des mesures de rétorsion contre Washington.

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