Genève accueille un nouveau round de négociations délicates entre Washington et Téhéran
La ville suisse de Genève est le théâtre, à partir de mardi, de nouvelles négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, centrées sur le programme nucléaire iranien. Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, est déjà arrivé sur place, comme l'a confirmé lundi la télévision d'État iranienne via Telegram.
Les émissaires américains en route pour la Suisse
De son côté, la Maison-Blanche a annoncé dimanche soir l'envoi de son émissaire, Steve Witkoff, ainsi que de Jared Kushner, le gendre de l'ancien président Donald Trump. Ils doivent participer à ces pourparlers, mais également à des discussions séparées impliquant la Russie et l'Ukraine.
Ce nouveau chapitre diplomatique s'ouvre dans un contexte particulièrement tendu. Après la répression meurtrière d'un mouvement de contestation en janvier par Téhéran, Donald Trump avait multiplié les menaces d'intervention militaire, tout en laissant une porte ouverte à une solution diplomatique.
Des positions divergentes et des contentieux historiques
Les deux parties affichent des attentes très différentes pour ces discussions. L'Iran insiste pour ne traiter que de son programme nucléaire. En revanche, Washington, soutenu par Israël, exige également que Téhéran limite son programme de missiles balistiques et cesse son soutien à des groupes armés dans la région.
Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a été très clair sur les prérequis : « la première condition pour qu'un accord soit conclu entre les Etats-Unis et l'Iran, est que tout le matériel enrichi doit quitter l'Iran ». Plusieurs pays, dont la Russie, se sont proposés pour prendre en charge ce stock controversé.
Une lueur d'espoir sur le stock d'uranium enrichi ?
Un possible compromis émerge concernant le stock d'uranium hautement enrichi de l'Iran. Dans une interview à la BBC, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a indiqué que son pays était prêt à faire des concessions sur ce point si Washington levait les sanctions économiques qui étranglent l'économie iranienne.
Ce dossier est d'une extrême sensibilité. Avant les frappes israélo-américaines de juin 2025 sur ses sites, l'Iran enrichissait l'uranium à 60 %, bien au-delà de la limite de 3,67 % autorisée par l'accord de 2015, aujourd'hui caduc. Un uranium enrichi à 90 % peut être utilisé pour fabriquer une arme atomique.
Ces pourparlers font suite à une première session tenue le 6 février à Mascate, capitale d'Oman. Les précédentes discussions avaient été interrompues en juin en raison d'un conflit de douze jours entre l'Iran et Israël, illustrant la fragilité permanente du processus.



