Rencontre cruciale entre Netanyahou et Trump sur le dossier iranien
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s'est rendu mercredi à Washington pour une rencontre avec l'ancien président américain Donald Trump. Cette septième entreprise depuis son retour au pouvoir il y a un an vise à convaincre les États-Unis d'exercer une pression maximale sur l'Iran, considéré par Israël comme une menace existentielle.
Les exigences israéliennes : missiles et soutien aux groupes armés
Benjamin Netanyahou a souligné que toute négociation entre l'Iran et les États-Unis doit inclure la limitation des missiles balistiques et le gel du soutien à l'axe iranien, c'est-à-dire aux groupes armés liés à Téhéran dans la région. La question des missiles représente une ligne rouge pour Israël, distant d'environ 2 000 kilomètres de l'Iran.
Le Premier ministre israélien, menacé d'élections anticipées, espère également glaner un peu de capital politique en s'affichant avec Donald Trump, qui reste très populaire en Israël. Depuis l'Australie où il effectue un déplacement, le président israélien Isaac Herzog a exprimé l'espoir que cette rencontre permettra de lutter contre ce qu'il qualifie d'« empire du mal » iranien.
Les positions américaines : entre ouverture et défiance
Donald Trump a adopté une posture ambivalente avant cette rencontre, multipliant les signaux mouvants entre espoirs d'accord et menaces militaires. Sur Fox Business, il a déclaré : « Je préférerais faire un accord. Il faut que ce soit un bon accord, pas d'arme nucléaire, pas de missiles, pas de ci, pas de ça. »
Le président américain a également lancé que les Iraniens seraient « idiots » de refuser un accord, tout en remettant en cause la crédibilité du pouvoir iranien, qu'il juge « très malhonnête » par le passé. Il a même évoqué la possibilité de renforcer avec un second porte-avions l'armada navale américaine déployée dans la région.
Le contexte des négociations et des tensions militaires
Guy Ziv, professeur associé en politique étrangère à l'American University, estime que « Trump doit pouvoir montrer que l'accord, si accord il y a, est nettement meilleur que celui dont il est sorti », en référence à l'accord de Vienne de 2015 dénoncé par le républicain en 2018. « Une manière d'assurer cela est bien sûr d'inclure les missiles » qui n'étaient pas couverts dans l'ancien accord, mais il est « hautement improbable que les Iraniens l'acceptent ».
Les positions des deux parties restent très éloignées : l'Iran ne veut discuter que de son programme nucléaire, tandis que les États-Unis exigent aussi la limitation des capacités balistiques et l'arrêt du soutien à des groupes armés hostiles à Israël, comme les rebelles Houthis du Yémen, le Hezbollah libanais ou le Hamas palestinien.
Un passé récent marqué par des escalades militaires
Le contexte régional reste tendu, avec des épisodes violents récents. En 2024, l'Iran a lancé deux attaques de missiles contre Israël. Lors de la guerre de 12 jours en juin 2025, les États-Unis s'étaient joints à leur allié israélien en frappant trois sites nucléaires iraniens, dont celui de Natanz.
Donald Trump continue de vanter le succès et la puissance de cette opération, même si des doutes subsistent quant à l'ampleur de son impact sur les capacités iraniennes. Mardi, Téhéran a appelé les États-Unis à résister aux « influences destructrices » qui pourraient faire dérailler la reprise des discussions, accusant directement Israël d'agir « en saboteur ».
Cette rencontre entre Netanyahou et Trump s'inscrit donc dans un paysage diplomatique complexe, où les enjeux nucléaires, balistiques et régionaux s'entremêlent, avec peu de perspectives immédiates de déblocage des négociations.



