Emmanuel Macron sonne l'alarme sur les menaces commerciales américaines
Dans un entretien publié mardi par plusieurs grands journaux européens, dont Le Monde, The Economist et la Süddeutsche Zeitung, le président français a lancé un avertissement sans équivoque aux dirigeants de l'Union européenne. Il les a exhortés à ne pas céder à un « lâche soulagement » après la présidence de Donald Trump, affirmant que les menaces et intimidations commerciales des États-Unis sont loin d'être terminées.
Une stratégie d'arrangement jugée inefficace et dangereuse
Emmanuel Macron a critiqué la tendance européenne à chercher des compromis face aux agressions commerciales, une approche qu'il estime « non payante » et qui, selon lui, « conduit stratégiquement l'Europe à accroître sa dépendance ». Il a illustré son propos en citant les pressions quotidiennes sur des secteurs vitaux comme la pharmacie et le numérique, insistant sur le fait que ces défis nécessitent une réponse ferme et coordonnée.
La nécessité urgente d'une préférence européenne
Alors que les dirigeants européens se réunissent cette semaine pour discuter de compétitivité et d'industrie, le président français a plaidé avec force pour l'adoption d'une « préférence européenne » dans des secteurs stratégiques. Il a explicitement mentionné les cleantechs, la chimie, l'acier, l'automobile et la défense, avertissant que sans cette protection ciblée, « les Européens en seront balayés » par la concurrence américaine et chinoise.
Cette proposition, qu'il porte depuis longtemps, trouve un écho favorable puisque la Commission européenne a présenté lundi des initiatives similaires. Macron a souligné que cette mesure ne doit pas être perçue comme du protectionnisme, mais plutôt comme un moyen essentiel de « protéger notre industrie » tout en approfondissant le marché intérieur de l'UE.
Un appel à un endettement commun pour financer l'avenir
Dans le même entretien, également publié par le Financial Times et El País, Emmanuel Macron a relancé l'idée d'un endettement commun européen. Il a évalué les besoins annuels d'investissements publics et privés dans l'Union à environ 1 200 milliards d'euros, couvrant les technologies vertes et numériques ainsi que la défense et la sécurité.
Il a martelé : « C'est le moment de lancer une capacité commune d'endettement pour ces dépenses d'avenir, des eurobonds d'avenir ». Cette proposition, longtemps défendue par la France, se heurte traditionnellement à la réticence de pays comme l'Allemagne, qui n'ont consenti que de rares exceptions, notamment pendant la crise du Covid-19.
Emmanuel Macron conclut en appelant à une « diversification » des partenariats commerciaux et à une « simplification » des règles du marché intérieur, jugeant ces actions indispensables pour garantir la souveraineté et la prospérité futures de l'Europe face aux géants économiques mondiaux.