Macron au Japon : nucléaire et innovation au programme, tensions au Moyen-Orient en toile de fond
Macron au Japon : nucléaire, innovation et crise Moyen-Orient

Le président français entame une visite au Japon centrée sur le nucléaire et l'innovation

Emmanuel Macron a débuté mardi une visite officielle au Japon, un déplacement stratégique visant à approfondir les partenariats franco-japonais dans les domaines du nucléaire civil, de l'innovation technologique et de la recherche spatiale. Cette visite, la quatrième du président français dans l'archipel mais la première entièrement consacrée aux relations bilatérales, intervient dans un contexte géopolitique tendu marqué par les crises au Moyen-Orient.

Un agenda chargé entre rencontres protocolaires et échanges économiques

Arrivé à Tokyo en fin d'après-midi heure locale, le chef de l'État français a entamé son séjour par une immersion dans la culture populaire japonaise, avec une rencontre prévue avec Kunihiko Moriguchi, maître peintre de kimonos renommé. Le programme prévoit des échanges économiques et politiques intensifs mercredi, suivis d'un déjeuner jeudi avec l'empereur Naruhito et l'impératrice Masako. Mercredi marquera également le « premier entretien à part entière » d'Emmanuel Macron avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, selon un responsable diplomatique nippon.

La crise au Moyen-Orient au centre des préoccupations diplomatiques

« La crise au Moyen-Orient sera au cœur de nos échanges », a confirmé la présidence française avant le départ. Les deux dirigeants discuteront des moyens de « trouver des solutions communes » face aux tensions régionales, avec un accent particulier sur une initiative française visant à constituer une coalition de « volontaires » pour sécuriser le détroit d'Ormuz. Ce passage maritime stratégique, normalement essentiel pour les importations pétrolières du Japon et de la Corée du Sud, est actuellement bloqué de facto suite au conflit déclenché il y a un mois par les États-Unis et Israël contre l'Iran.

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Le Japon, la France et une vingtaine d'autres pays ont signé une déclaration commune exprimant leur volonté de « contribuer aux efforts » pour rétablir la libre circulation dans le détroit, une fois les hostilités terminées. Parallèlement, le G7, présidé cette année par la France et dont le Japon est membre, a multiplié les messages communs, réaffirmant lundi sa détermination à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour stabiliser les marchés énergétiques face à la flambée des prix du brut.

Renforcement des coopérations économiques et technologiques

Au-delà des enjeux géopolitiques, cette visite vise à mettre en avant « l'attractivité de la France » selon l'entourage présidentiel. Accompagné de nombreux chefs d'entreprises françaises, Emmanuel Macron rencontrera mercredi les dirigeants de plusieurs groupes japonais majeurs : Softbank, leader des investissements en intelligence artificielle ; Iwatani, qui a investi dans la start-up lyonnaise Carester ; et Horiba, fabricant d'équipements pour la recherche.

Les deux pays prévoient de signer une feuille de route pour le développement du nucléaire civil au Japon, s'appuyant sur une coopération déjà bien établie. Ils entendent également renforcer leurs partenariats dans les domaines spatial, de la recherche et des « technologies de rupture ». Un volet sécurité sera également abordé en présence des ministres français de la Défense et des Affaires étrangères, Catherine Vautrin et Jean-Noël Barrot.

Un contexte symbolique et météorologique particulier

Emmanuel Macron arrive à Tokyo en pleine période de floraison des cerisiers, moment fort de l'année au Japon. Cependant, la tradition du « hanami » (observation des fleurs) pourrait être compromise par des prévisions météorologiques défavorables, avec de la pluie attendue pendant trois jours dans la capitale japonaise. Cette visite intervient alors que les relations entre la France et les États-Unis semblent s'être tendues récemment, offrant à Emmanuel Macron l'occasion d'échanger avec Sanae Takaichi, première femme à diriger le Japon et connue pour ses positions ultranationalistes et ses affinités affichées avec l'ancien président américain Donald Trump.

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Après son séjour au Japon, le président français se rendra en Corée du Sud jeudi et vendredi, complétant ainsi une tournée asiatique aux enjeux économiques, technologiques et diplomatiques multiples.