Une crise diplomatique majeure entre l'Espagne et les États-Unis
Les tensions entre l'Espagne et les États-Unis atteignent un niveau critique. Vendredi, lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre portugais Luis Montenegro, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a fermement condamné la guerre en Iran, la qualifiant d'erreur extraordinaire qui aura des conséquences graves.
Un atlantisme fondé sur le droit international
Pedro Sánchez a insisté sur la nécessité de relations bilatérales saines, déclarant : Les relations doivent s'inscrire dans le respect, dans un esprit de collaboration loyale et sur un pied d'égalité. Il a plaidé pour un atlantisme où le droit international et les règles sont la colonne vertébrale, et où prévaut la coopération, et non la confrontation.
Le Premier ministre espagnol a réaffirmé la position de son gouvernement contre ce qu'il appelle l'intervention illégale menée par les forces américaines et israéliennes depuis samedi dernier. Cette guerre en Iran est, à mon sens, au sens de l'Espagne, une erreur extraordinaire que nous allons payer, a-t-il lancé, soulignant qu'elle n'était pas conforme au droit international.
Des reproches mutuels qui s'intensifient
La dispute trouve son origine dans le refus espagnol d'autoriser l'utilisation de deux bases militaires situées dans le sud de l'Espagne pour des attaques contre l'Iran. Donald Trump et Pedro Sánchez sont à couteaux tirés depuis plusieurs jours sur cette question.
Interrogé sur les critiques virulentes de Donald Trump, Pedro Sánchez a tenté d'apaiser les esprits tout en maintenant sa position : J'ai un immense respect pour la présidence des États-Unis et une très grande admiration pour la société américaine, a-t-il déclaré, avant d'ajouter : Entre pays alliés, il est bon d'aider quand l'autre a raison, mais aussi de lui dire lorsqu'il a tort ou qu'il commet une erreur, comme c'est le cas ici.
Des tensions multiples qui s'accumulent
Au-delà du conflit au Moyen-Orient, d'autres points de friction alimentent la crise :
- Donald Trump reproche à l'Espagne de ne pas avoir augmenté ses dépenses militaires à 5% du PIB, comme le préconise le nouvel objectif de l'Otan qu'il promeut.
- Passablement énervé, le président américain a menacé mardi de cesser tout commerce avec l'Espagne, qualifiant cet allié de terrible.
- Pedro Sánchez a répondu mercredi en revendiquant de dire non à la guerre, affirmant ainsi l'indépendance de la position espagnole.
Dans ce contexte diplomatique particulièrement tendu, Donald Trump a insisté jeudi auprès du média américain New York Post, estimant que l'Espagne était un ''loser'', une déclaration qui n'a fait qu'attiser les tensions entre les deux nations alliées.



