Le roi Charles III a rendu la monnaie de sa pièce à Donald Trump mardi 28 avril lors d’un dîner d’État à la Maison Blanche, affirmant avec humour que les Américains parleraient français si les Britanniques n’avaient pas colonisé eux aussi l’Amérique du Nord. Cette réplique faisait suite aux propos tenus en janvier par le président américain lors du sommet de Davos, où il avait déclaré que sans le soutien américain durant la Seconde guerre mondiale, les Européens « parleraient allemand et un petit peu japonais ».
Un discours historique et piquant
Dans son discours sous les ors de la Maison Blanche, Charles III a évoqué les origines britanniques et françaises de nombreux toponymes aux États-Unis, rappelant l’installation de colons des deux anciennes puissances rivales. « Vous avez récemment déclaré, M. le président, que sans les États-Unis, les pays européens parleraient l’allemand. Oserais-je dire que sans nous vous parleriez français », a-t-il glissé, déclenchant les rires de l’assistance.
Des références à l’histoire commune
Le souverain a également plaisanté sur les « réajustements » de la Maison Blanche concernant le projet coûteux de salle de bal défendu par Donald Trump. « Je suis au regret de dire que nous, les Britanniques, avons bien sûr tenté notre propre projet de réaménagement immobilier de la Maison Blanche en 1814 », a-t-il lancé, faisant référence à l’incendie du bâtiment par des soldats britanniques cette année-là. Charles III a aussi taquiné ses alliés en considérant que ce dîner était « une amélioration considérable par rapport à la Boston Tea Party », évoquant l’épisode de 1773 où des colons avaient jeté à la mer des cargaisons de thé britannique lourdement taxé.
Les traits d’humour de Trump
Donald Trump a, de son côté, visé ses opposants dans ses propres traits d’humour. « Je veux féliciter Charles pour avoir prononcé un discours fantastique aujourd’hui au Congrès. Il a fait se lever les démocrates, ce que je n’ai jamais été capable de faire », a-t-il déclaré. Malgré leurs divergences sur la guerre en Iran, les deux dirigeants ont salué la « relation spéciale » unissant Londres à Washington.
Un cadeau symbolique
Le roi a offert à son interlocuteur la cloche d’un navire au nom opportun, le HMS Trump, un sous-marin britannique mis en service en 1944. « Puisse-t-elle témoigner de l’histoire commune de nos nations et de leur brillant avenir. Et si un jour vous avez besoin de nous joindre, n’hésitez pas à nous sonner », a-t-il conclu.



