Premier décès français en Irak : l'adjudant-chef Arnaud Frion tué par un drone
L'armée française enregistre son premier décès dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient. L'adjudant-chef Arnaud Frion, âgé de 42 ans et membre du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces, a été tué lors d'une attaque dans la région d'Erbil, en Irak. Le président Emmanuel Macron a annoncé cette nouvelle sur le réseau social X, soulignant qu'il est « mort pour la France ».
Une attaque par drone iranien
Ce commando de montagne, déployé en Irak depuis le 24 janvier 2026 dans le cadre de l'opération Inherent Resolve, a été frappé par un drone Shahed, de conception iranienne, selon le chef de corps du 7e BCA. Le colonel François-Xavier de la Chesnay a précisé qu'il effectuait une mission de formation de Kurdes dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et Daech.
Un soldat d'exception
Le colonel a salué un « excellent soldat, ultra-compétent », ajoutant : « C'est vraiment ce que l'armée de terre, les chasseurs alpins produisent de mieux en termes de soldats. C'est quelqu'un qui était ultra-compétent, avec beaucoup d'expérience et une dizaine d'opérations à son actif. »
Parcours militaire remarquable
Arnaud Frion s'était engagé dans l'armée de Terre en décembre 2004, débutant comme grenadier-voltigeur au 27e bataillon de chasseurs alpins en Haute-Savoie. Son parcours opérationnel est impressionnant :
- Déploiement au Tchad en octobre 2005
- Mission en Côte d'Ivoire en février 2007
- Deux séjours en Afghanistan en novembre 2008 et 2011
- Plusieurs interventions au Mali
Reconnaissances et hommages
Marié et père d'un enfant, Arnaud Frion a été cité à trois reprises à l'ordre de l'armée. L'Armée de terre a indiqué dans un communiqué que « son parcours exceptionnel lui vaut l'attribution de la médaille militaire le 31 décembre 2021 », le décrivant comme un « chef exemplaire, reconnu pour son courage et son sens tactique ».
Le général d'armée Pierre Schill, chef d'état-major de l'armée de Terre, a déclaré : « Belle figure de soldat et de chef, il incarnait les plus hautes vertus d'un combattant de l'armée de Terre. » Cette perte marque un tournant dans l'engagement français au Moyen-Orient, rappelant les risques encourus par les militaires dans les zones de conflit.



