Fin du New Start : Poutine et Trump enterrent le contrôle des armes nucléaires
Poutine et Trump enterrent le contrôle nucléaire

Une ère sans limites pour les arsenaux nucléaires

Pour la première fois depuis plus d'un demi-siècle, les deux plus grandes puissances nucléaires mondiales, la Russie et les États-Unis, fonctionnent désormais sans aucune limite ni inspection contraignante sur leurs arsenaux. Le 5 février, Vladimir Poutine et Donald Trump ont effectivement mis un terme au dernier traité de contrôle des armements encore en vigueur entre les deux nations, le New Start, signé en 2010, en le laissant simplement expirer.

La fin d'un processus historique de désarmement

Cette expiration ne constitue cependant que la partie émergée de l'iceberg. Certes, l'histoire du contrôle des armements a déjà connu des reculs, mais l'enjeu actuel dépasse largement la simple fin d'un accord isolé. Comme l'a souligné un éditorial du Monde, la Russie et les États-Unis sont coresponsables de la fin d'un processus initié dans les années 1960, marqué par le premier traité de limitation des armements stratégiques (SALT) en 1972.

L'élaboration de plus d'une douzaine d'accords, tissés au fil des décennies, a permis d'abord de limiter la croissance des stocks nucléaires, puis d'en planifier la réduction progressive. Nous sommes ainsi passés de 70 000 têtes nucléaires au sommet de la guerre froide à un peu plus de 12 000 aujourd'hui.

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L'autoritarisme, menace pour le contrôle des armements

La montée mondiale de l'autoritarisme remet fondamentalement en cause le contrôle des armements, car l'écrasante majorité des armes nucléaires mondiales est désormais concentrée entre les mains de dirigeants autoritaires. Les dirigeants que sont Poutine et Trump perçoivent ces traités comme des contraintes inacceptables sur leur pouvoir souverain.

Mettre fin au contrôle des armements fait partie intégrante de leur assaut conjoint contre l'ordre international établi. Cela relève de la même impulsion qui a poussé le premier à envahir l'Ukraine en violation flagrante du droit international, et le second à malmener systématiquement l'Alliance atlantique (OTAN).

Des limitations volontaires sans garanties

Bien que les deux puissances puissent encore consentir à des limitations volontaires de leurs armements, celles-ci n'ont pas la force contraignante d'un traité formel et peuvent être aisément enfreintes sans conséquences juridiques. À leurs yeux, leur pouvoir et leur richesse reposent avant tout sur la puissance militaire brute, et non sur ce qu'ils considèrent comme de simples « chiffons de papier » diplomatiques.

Cette situation crée un vide dangereux dans la gouvernance mondiale de la sécurité nucléaire, alors que les tensions géopolitiques n'ont jamais été aussi vives depuis la fin de la guerre froide. La délicate remise en route d'un dialogue constructif sur le contrôle des armements nucléaires apparaît aujourd'hui plus nécessaire que jamais, mais aussi plus incertaine.

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