Opération "Fureur épique" en Iran : pourquoi la France n'aurait pas pu la mener
Pourquoi la France n'aurait pas pu mener l'opération en Iran

Opération "Fureur épique" en Iran : les limites du renseignement français exposées

La France aurait-elle été capable de mener une opération similaire à "Fureur épique" sur le sol iranien ? Selon les analyses d'experts et d'anciens responsables des services secrets, la réponse est catégoriquement négative. Trois raisons principales expliquent cette incapacité présumée, mettant en lumière les différences fondamentales entre les capacités françaises et celles de ses alliés.

L'absence cruciale de sources humaines au sommet

Premier obstacle majeur : les services de renseignement français ne disposeraient pas des moyens nécessaires pour implanter une source humaine dans l'entourage direct de l'ayatollah Ali Khamenei, le Guide suprême de l'Iran. Cette lacune contraste fortement avec les capacités démontrées par la Central Intelligence Agency (CIA) américaine et le Mossad israélien.

"Le renseignement, ça prend énormément de temps. Sur un pays comme l'Iran, nous serions tout simplement incapables de reproduire ce genre d'opération dans l'immédiat", expose Olivier Mas, ancien colonel de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Il précise : "Il faut travailler deux ou trois années complètes sur un objectif prioritaire, en y consacrant des moyens considérables."

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La question du temps et des ressources

Jérôme Poirot, ancien coordonnateur adjoint du renseignement à l'Élysée, abonde dans ce sens : "Les grands services de renseignement mondiaux peuvent théoriquement tout accomplir. La véritable limite réside toujours dans le coût financier exorbitant et le temps nécessaire à la préparation."

Un autre ancien dirigeant de la DGSE, souhaitant garder l'anonymat, apporte une précision encore plus tranchante : "Israël travaille méthodiquement sur l'Iran depuis quarante-sept ans. Recruter des sources fiables au plus haut niveau du pouvoir à Téhéran ne prend pas trois ans, mais plutôt plusieurs décennies d'efforts continus."

L'impossibilité des "opérations homo"

Cette absence d'accès direct au cercle rapproché du pouvoir iranien rendrait aujourd'hui impossible la conduite d'une "opération homo" – terme désignant les éliminations ciblées menées par le service Action de la DGSE – visant un dirigeant de l'envergure d'Ali Khamenei. Sans infiltration préalable et soutenue, toute action directe demeurerait irréalisable.

Le domaine d'excellence français : la prolifération nucléaire

Il existe néanmoins un secteur où la DGSE excelle historiquement, y compris en Iran : la lutte contre la prolifération des armes nucléaires. Dans ce domaine technique et hautement spécialisé, le renseignement français dispose effectivement d'informateurs de qualité et bien placés.

"Nous avons historiquement développé de très bonnes sources sur les capacités nucléaires des grandes dictatures", confirme Olivier Mas. Cependant, il tempère immédiatement : "Nos objectifs stratégiques diffèrent radicalement de ceux des Israéliens. Nous n'allons pas consacrer nos ressources à développer des sources au sein du système des Gardiens de la révolution, par exemple."

Ces informateurs spécialisés, bien que précieux, ne suffiraient probablement pas à infiltrer les cercles politiques et décisionnels les plus fermés de Téhéran. La spécificité de leur expertise les cantonne à un rôle technique, loin des manœuvres politiques et des assassinats ciblés.

En définitive, l'hypothèse d'une opération française du type "Fureur épique" en Iran se heurte à des contraintes structurelles, temporelles et stratégiques insurmontables à court et moyen terme. La priorité historique donnée au renseignement nucléaire, bien que constituant une force, a peut-être laissé dans l'ombre d'autres capacités opérationnelles essentielles pour ce genre d'interventions.

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