La France confrontée à une pénurie inquiétante de missiles MICA
Selon des informations exclusives de La Tribune, la France pourrait bientôt se retrouver à court de missiles MICA, ces armes air-air essentielles pour ses forces aériennes. Une réunion cruciale devait initialement se tenir ce mardi à Matignon, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu, ancien ministre des Armées, pour aborder la situation critique des stocks. Cependant, cette réunion a été reportée dans la matinée, comme l'a confirmé l'AFP, ajoutant une urgence supplémentaire à ce dossier déjà brûlant.
Une utilisation intensive aux Émirats Arabes Unis
Depuis près de deux semaines, les pilotes français de Rafale sont mobilisés pour la protection du ciel des Émirats Arabes Unis, dans le cadre d'un accord de défense bilatéral. Durant cette période, ils auraient déjà intercepté plusieurs dizaines de drones Shahed tirés par l'Iran, principalement grâce à ces missiles MICA. La Tribune souligne un taux de réussite exceptionnellement élevé, démontrant l'efficacité redoutable de ces armes.
Cette performance s'inscrit dans un contexte de déploiement renforcé, où la France a augmenté sa présence à 24 avions de chasse Rafale aux Émirats, contre une dizaine habituellement. Cette escalade opérationnelle contribue directement à l'épuisement accéléré des réserves de missiles.
Un missile performant mais coûteux
Le missile MICA, fabriqué par le consortium européen MBDA, prouve son utilité dans la lutte antiaérienne contre des drones capables de parcourir jusqu'à 2 000 kilomètres avec une charge explosive de 40 kilogrammes. Cependant, son coût unitaire est estimé à environ 600 000 euros, ce qui pose un problème économique majeur face à des drones Shahed dont le prix varie entre 20 000 et 50 000 euros l'unité.
Cette disparité financière soulève des questions sur la soutenabilité à long terme de cette stratégie défensive. Les stocks diminuent à une vitesse alarmante, obligeant la Direction générale de l'armement (DGA), l'État-Major des armées et MBDA à envisager des solutions rapides.
Des alternatives envisagées
Face à cette situation, les experts explorent plusieurs pistes pour pallier la pénurie. L'une d'elles pourrait être le recours à des roquettes guidées laser comme alternative aux missiles classiques, offrant potentiellement un rapport coût-efficacité plus favorable contre des cibles comme les drones.
Matignon rappelle que Sébastien Lecornu avait déjà évoqué en décembre l'urgence à reconstituer les stocks de munitions, un avertissement qui prend aujourd'hui tout son sens. Le MICA, acronyme de Missile d'Interception et de Combat Aérien, possède une portée d'environ 80 kilomètres et doit être remplacé par le Mica NG (nouvelle génération) d'ici à 2030.
Cette transition programmée n'atténue pas l'immédiateté de la crise actuelle, qui nécessite des décisions rapides pour maintenir les capacités opérationnelles de l'armée de l'Air française dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu.



