L'Alliance atlantique franchit un cap historique dans ses investissements de défense
Les pays membres de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord ont réalisé une progression spectaculaire de leurs budgets militaires au cours de l'année écoulée. Selon le rapport annuel publié jeudi par l'Alliance, les trente-deux nations participantes ont collectivement accru leurs dépenses de défense de vingt pour cent par rapport à l'exercice précédent.
Un bond de 20% vers les 574 milliards de dollars
L'effort financier global des Alliés a atteint le montant impressionnant de 574 milliards de dollars américains en 2025. Cette augmentation substantielle de vingt pour cent en termes réels marque un tournant significatif dans l'engagement collectif des membres de l'Otan.
Particulièrement notable est le fait que tous les États membres ont désormais dépassé l'objectif initial de consacrer au minimum deux pour cent de leur produit intérieur brut aux dépenses militaires. Ce seuil, établi en 2014 avec une échéance fixée à 2024, constitue désormais une réalité pour l'ensemble de l'Alliance.
Un nouvel objectif ambitieux: 5% du PIB d'ici 2035
Sous l'influence notable de l'ancien président américain Donald Trump, l'Otan a récemment redéfini ses ambitions lors du sommet de La Haye. L'Alliance s'est fixée un objectif encore plus exigeant pour l'horizon 2035: atteindre 3,5% du PIB consacré aux dépenses militaires proprement dites, complété par 1,5% dédié aux dépenses de sécurité connexes, soit un total ambitieux de cinq pour cent du produit intérieur brut.
Actuellement, seuls trois pays membres ont déjà atteint le palier des 3,5%: la Pologne, la Lettonie et la Lituanie. L'Estonie, autre nation balte, s'en approche très sensiblement, tout comme la Norvège qui affiche des performances comparables.
Des progressions inégales parmi les Alliés
Si l'ensemble des pays de l'Otan a augmenté ses dépenses militaires en valeur absolue, trois nations ont paradoxalement enregistré une légère diminution de la part de leur PIB consacrée à la défense:
- Les États-Unis sont passés de 3,30% en 2024 à 3,19% en 2025
- La République tchèque a diminué de 2,07% à 2,01%
- La Hongrie est descendue de 2,21% à 2,07%
La France, quant à elle, est restée stable avec 2,05% en 2025 contre 2,04% l'année précédente. Plusieurs pays ont atteint précisément l'objectif des 2%, notamment l'Espagne, le Portugal, le Canada et la Belgique qui frôlent ce seuil à la décimale près.
La feuille de route vers Ankara et au-delà
Le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, a exprimé des attentes claires dans l'introduction du rapport annuel. «Je m'attends à ce que les Alliés, lors du prochain sommet de l'Otan à Ankara prévu en juillet, démontrent qu'ils sont engagés sur une voie claire et crédible vers l'objectif des 5%», a-t-il déclaré avec conviction.
Cette déclaration souligne l'importance stratégique du prochain rassemblement des dirigeants atlantiques, qui devra confirmer l'engagement collectif vers ces nouveaux objectifs financiers ambitieux. La trajectoire tracée par l'Otan témoigne d'une transformation profonde de la posture défensive de l'Alliance dans un contexte géopolitique marqué par des tensions croissantes.



