Le chancelier allemand Friedrich Merz menace l'avenir du projet d'avion de combat franco-allemand SCAF
Merz menace le projet d'avion de combat franco-allemand SCAF

Le projet d'avion de combat franco-allemand SCAF en péril après les déclarations du chancelier Merz

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a émis de sérieux doutes sur la poursuite du projet de système de combat aérien du futur (SCAF), lors d'un entretien diffusé mercredi 18 février. Dans le podcast allemand Machtwechsel, il a affirmé que l'Allemagne n'avait pas besoin du même avion que la France, signalant un possible abandon de ce programme de défense crucial pour l'Europe.

Des divergences fondamentales sur les spécifications

Friedrich Merz a souligné que les besoins militaires de la France et de l'Allemagne diffèrent radicalement. « Les Français ont besoin, dans la prochaine génération d'avions de combat, d'un avion capable de transporter des armes nucléaires et d'opérer à partir d'un porte-avions. Ce n'est pas ce dont nous avons besoin actuellement dans l'armée allemande », a-t-il déclaré. Cette divergence sur les profils d'exigences place le projet dans une impasse, car la France insiste sur un seul avion répondant à ses spécifications, tandis que l'Allemagne envisage d'autres options.

Le chancelier a ajouté : « La question qui se pose maintenant est la suivante : avons-nous la force et la volonté de construire deux avions pour ces deux profils d'exigences différents, ou seulement un seul ? ». Il a averti que sans résolution de ce problème, le projet ne pourrait pas être poursuivi, mentionnant que d'autres pays en Europe seraient prêts à collaborer avec Berlin.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un contexte de tensions franco-allemandes croissantes

Ces propos surviennent alors que les différends entre la France et l'Allemagne s'accumulent. Berlin reproche à Paris des efforts « insuffisants » en matière de dépenses de défense, notamment en réduisant les dépenses sociales pour accroître le budget militaire. De plus, l'Allemagne critique la France pour avoir tenté de bloquer un accord commercial avec des pays sud-américains, ajoutant aux frictions diplomatiques.

Le SCAF, lancé en 2017 par le président Emmanuel Macron et l'ancienne chancelière Angela Merkel, avec l'Espagne rejoignant en 2019, est un système ambitieux comprenant un avion de combat, des drones et un « cloud de combat » pour la communication numérique. Il vise à remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols d'ici 2040, dans un contexte de réarmement européen face aux tensions avec la Russie.

Des tensions industrielles et des retards persistants

Le programme est également miné par des conflits entre industriels. Le français Dassault, désigné comme maître d'œuvre, réclame plus d'autonomie pour la fabrication, ce qui irrite l'Allemagne et l'Espagne, représentées par Airbus. Ces tensions ont conduit à des retards, l'Allemagne ayant promis de décider de son avenir dans le projet avant fin 2025, mais reportant continuellement sa décision.

Récemment, des voix de l'industrie allemande, comme le vice-président du syndicat IG Metall, Jürgen Kerner, et la présidente de la Fédération allemande des industries aéronautiques, Marie-Christine von Hahn, ont estimé que Berlin devrait développer son propre avion de combat avec d'autres partenaires, excluant Dassault. Cette perspective renforce les incertitudes autour du SCAF.

Alors que l'Allemagne a lancé un plan d'investissement massif pour bâtir la première armée conventionnelle d'Europe, la coopération franco-allemande en matière de défense semble plus fragile que jamais. L'avenir du SCAF, symbole de l'intégration européenne dans le domaine militaire, reste en suspens, avec des implications majeures pour la sécurité du continent.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale