H.R. McMaster décrypte la guerre Iran-Israël et critique l'ancien président Trump
Respecté pour ses analyses tranchantes et son franc-parler qui l'ont conduit à se brouiller avec Donald Trump – qu'il égratigne dans ses Mémoires – Herbert Raymond McMaster, dit "H.R.", est une figure majeure de la stratégie militaire américaine. Ancien conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche de 2017 à 2018, il est également reconnu pour sa critique lucide de la guerre du Vietnam et son expertise du "Red teaming", cette méthode de simulation militaire qui consiste à se mettre à la place de l'ennemi.
Un théoricien militaire très écouté
Aujourd'hui chercheur émérite à l'Institut Hoover de l'université de Stanford en Californie, McMaster reste une voix influente sur les questions de sécurité internationale. Son conseil aux Iraniens est sans équivoque : déposer les armes immédiatement. Dans un entretien exclusif, il répond aux inquiétudes concernant la résilience iranienne et les critiques sur le manque de préparation de l'administration Trump.
"L'Iran n'a aucunement hésité à frapper 14 pays"
"Mon principal étonnement vient de ce que l'Iran n'a aucunement hésité à frapper 14 pays différents dans la région", déclare le général McMaster. "Ce qui, évidemment, souligne la pertinence de l'opération américano-israélienne. Il s'agit d'empêcher le régime théocratique de se projeter au-delà de ses frontières afin qu'il cesse d'être une menace pour les pays qui l'entourent et pour l'économie mondiale."
Le stratège militaire ajoute que peu de choses le surprennent dans le déroulement des opérations, car celles-ci se passent essentiellement comme les planificateurs militaires américains les avaient prévues.
La défense de la préparation américaine
Interrogé sur le blocage du détroit d'Ormuz et ses conséquences – souvent présentées comme une erreur de calcul des risques – McMaster réagit avec véhémence : "Mais bon sang, l'idée que cette opération est improvisée ou mal préparée est ridicule !"
Il précise : "Cela fait vingt ou trente ans que l'armée américaine fait chaque année des exercices militaires portant sur la réouverture du détroit d'Ormuz. Cela fait des décennies que nous étudions tous les aspects de la pensée militaire iranienne."
Des scénarios connus depuis des décennies
Le général rappelle que les scénarios actuels sont connus depuis au moins la "guerre des pétroliers" de 1981-1988, lorsque l'Iran et l'Irak prenaient pour cible leurs tankers respectifs. Quant aux attaques par drones contre des installations pétrolières, McMaster souligne que "cela n'a rien d'une innovation : ils l'ont fait en 2019 contre l'Arabie saoudite".
Dans cette analyse approfondie, H.R. McMaster combine son expertise militaire, sa connaissance intime des dossiers iraniens et sa perspective critique sur l'administration Trump, offrant un éclairage unique sur un conflit aux implications régionales et mondiales majeures.



