La Marine française dénonce la guerre hybride russe en mer
Marine française alerte sur menaces russes en mer

La Marine française dénonce la guerre hybride russe en mer

Le chef d'état-major de la Marine française, l'amiral Nicolas Vaujour, a lancé une alerte sérieuse ce lundi concernant les menaces russes en mer. Il a évoqué une guerre « hybride » qui met en péril la sécurité de l'Europe, combinant sabotages de câbles sous-marins et contournement des sanctions via une flotte fantôme d'environ un millier de navires.

Présence russe régulière le long des côtes françaises

Dans une interview accordée à France 2, l'amiral Vaujour a révélé que les forces russes sont rencontrées très fréquemment en mer. « Il faut savoir qu'à peu près un bateau ou un sous-marin russe passe le long de nos côtes chaque semaine », a-t-il déclaré. Il a précisé qu'en mer Baltique, les comportements russes sont particulièrement agressifs, avec des actions qui « marquent des limites de l'acceptable » contre les unités françaises.

En réponse à cette présence, la Marine française adopte une stratégie de dissuasion active. « On va à leur rencontre et on leur montre ostensiblement notre présence », a expliqué l'amiral, soulignant ainsi la détermination des forces navales françaises à protéger les eaux territoriales.

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Actions russes difficiles à attribuer

Au-delà de cette présence visible, l'amiral Vaujour a détaillé des agissements russes plus insidieux et « difficiles à attribuer ». Il a cité notamment des survols de drones dans des pays comme la Pologne et, surtout, des ruptures de câbles sous-marins. Ces sabotages seraient perpétrés par des pétroliers qui, sous couvert d'innocence, laissent traîner leur ancre sur de longues distances, arrachant ainsi des câbles essentiels aux communications.

« Ce sont typiquement des actions russes non revendiquées et qui essayent de nous déstabiliser », a assuré l'amiral, mettant en lumière le caractère hybride de cette menace qui combine opérations militaires discrètes et activités économiques illicites.

La flotte fantôme russe et le contournement des sanctions

L'amiral Vaujour a estimé à un millier le nombre de bateaux impliqués dans le contournement des sanctions européennes sur l'exportation de pétrole russe. Cette « flotte fantôme » fait l'objet d'une traque intensive par les autorités françaises et européennes. « On continue avec l'ensemble des administrations, ce qui fait notre force aujourd'hui, c'est d'être capable d'aller de l'action militaire à l'action judiciaire », a-t-il affirmé.

L'exemple du pétrolier Boracay

Un cas concret illustre cette lutte : le pétrolier russe « Boracay », arraisonné en septembre 2025 au large des côtes françaises. Membre de la flotte fantôme, ce navire transportait du pétrole russe vers l'Inde sans pavillon visible. Le parquet français a requis lundi un an de prison et 150 000 euros d'amende contre son commandant, soit la peine maximale.

De plus, l'AFP a appris de sources françaises que deux employés d'une société de sécurité privée russe se trouvaient à bord du Boracay. Leur mission : surveiller l'équipage et collecter du renseignement, confirmant ainsi les dimensions multiples de cette menace hybride.

En conclusion, l'amiral Vaujour appelle à une vigilance accrue face à ces tactiques russes qui exploitent les faiblesses des infrastructures maritimes et contournent les sanctions internationales, nécessitant une réponse coordonnée entre actions militaires et judiciaires.

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