Déploiement militaire français en Méditerranée orientale après une attaque mortelle
Trois jours après l'arrivée du porte-avions Charles-de-Gaulle et de son groupe aéronaval (Gan) en Méditerranée orientale, une frappe de drone iranien sur une base franco-kurde en Irak a provoqué la mort d'un militaire français et blessé six autres. Dans ce contexte qualifié de grave, le commandant du Gan, le contre-amiral Thibault Haudos de Possesse, a présenté ce vendredi, en visioconférence, les détails du déploiement militaire français.
Composition et parcours du groupe aéronaval
Le groupe aéronaval, parti de Toulon le 27 janvier, comprend le Charles-de-Gaulle, trois frégates françaises (deux de défense aérienne et une frégate multimissions), ainsi qu'un bâtiment ravitailleur de forces. À bord du porte-avions, on trouve 20 Rafale, deux avions de guet aérien Hawkeye et trois hélicoptères. L'escorte est renforcée par des moyens alliés, avec une frégate italienne, une espagnole et une néerlandaise.
Mission exclusivement défensive et absence de coordination avec les États-Unis
Le contre-amiral a insisté à plusieurs reprises sur le caractère défensif de la mission, déclarant : Nous ne prenons pas part à ce conflit. Il a précisé que la mission comporte trois volets : protection des emprises françaises, des ressortissants et des alliés, conformément aux accords de défense. Il a également souligné l'absence de contact avec les porte-avions américains Lincoln et Ford, affirmant : Nos opérations sont totalement séparées, découplées et non-coordonnées. Nous n'avons pas les mêmes objectifs.
Surveillance active et environnement complexe
Concrètement, le Gan a pour fonction de surveiller la région, avec des détections récentes de missiles balistiques tirés depuis l'Iran vers le nord-ouest. Il surveille également les nations menacées comme la Turquie et Chypre, ainsi que le passage de bombardiers américains. L'environnement aéromaritime exige beaucoup de concentration, de professionnalisme, de calme et de sang-froid. Bien que les Rafale Marine n'aient pas encore décollé pour des missions, ils sont prêts à renforcer le dispositif de protection de l'armée de l'Air et de l'Espace.
Capacités opérationnelles et ravitaillement
Aucun calendrier précis n'a été donné pour le déploiement, mais le contre-amiral a indiqué que le Charles-de-Gaulle peut rester en mer indéfiniment, grâce à son réacteur nucléaire. Le ravitaillement se fait régulièrement, principalement en vivres pour le porte-avions et en gas-oil pour les bâtiments ravitailleurs.
Trajet rapide et logistique impressionnante
Le Charles-de-Gaulle a quitté Toulon le 27 janvier, participant d'abord à l'exercice Orion dans le Golfe de Gascogne et la Manche, puis se rendant à Malmö en Suède. Le 3 mars, sur ordre d'Emmanuel Macron, il a été redirigé vers la Méditerranée orientale. Cette bascule de théâtre de l'Atlantique nord à la Méditerranée orientale a été complexe, nécessitant un ravitaillement continu des escorteurs pour assurer la protection du porte-avions. Un pétrolier espagnol a fourni un ravitaillement d'urgence.
La flotte a parcouru 3.600 nautiques (environ 6.600 kilomètres) en six jours, à une vitesse moyenne de 22 nœuds (40 km/h), tout en continuant l'entraînement des pilotes. Le contre-amiral a comparé cela à une traversée de l'Atlantique, notant : Ça va moins vite que la Route du Rhum, mais il y a plus de tonnes à déplacer… Le porte-avions pèse à lui seul quelque 42.000 tonnes.



