Le Baliste, un catamaran de 17 mètres en aluminium, est le tout nouveau moyen d'essai polyvalent de DGA Techniques navales (DGA TN). Arrivé dans la rade de Toulon en janvier 2025, il est attribué en priorité aux plongeurs pyrotechniciens pour mener des essais pyrotechniques sous-marins. En service depuis juin 2025, il vient tout juste de réaliser ses premiers essais, remplaçant avantageusement le Denti et la Vive, ses prédécesseurs.
Un outil conçu avec les plongeurs
« Le Denti était armé par la Marine nationale. Quant à la Vive, on ne pouvait pas y transporter d'explosifs. Avec le Baliste, on a clairement gagné en autonomie, polyvalence et réactivité », assure Romain, le capitaine du Baliste. Les plongeurs pyrotechniciens ont été associés à la conception du navire avec le cabinet d'architecture navale Mauric. « On a eu la chance d'être associés à la conception du navire avec le cabinet d'architecture navale Mauric », explique Rémy, plongeur pyrotechnicien de DGA TN. Fini les incessants montages et démontages des encombrantes « valises de distribution gaz ». Désormais, les plongeurs disposent d'un poste de surveillance plongée fixe à bord, dimensionné pour trois plongeurs au narguilé en simultané.
Un « couteau suisse » des essais en mer
Le catamaran en aluminium offre plus de stabilité et d'espace de travail. Lors des essais, une dizaine d'ingénieurs et techniciens peuvent embarquer avec leurs ordinateurs et capteurs. Très vite surnommé « le couteau suisse » des essais en mer, le Baliste permet de mettre en œuvre des drones navals ou des véhicules sous-marins téléopérés. Mais son usage principal reste les essais pyrotechniques sous-marins. « DGA TN participe à la conception des futurs bateaux de la Marine nationale, elle prépare les prochains programmes navals. Le but des essais pyrotechniques en mer est de mesurer la résistance des coques aux effets d'une explosion sous-marine », confie Rémy. Bien que DGA TN dispose d'un bassin de détonique à Tourris, les essais en mer permettent d'utiliser de plus grosses charges explosives et de se rapprocher de la réalité.
Des essais avec des charges explosives importantes
« Pour des essais sur un ancien sous-marin Agosta, on avait utilisé 200 kg d'explosif ! L'un des ballasts du sous-marin avait même explosé », raconte Alexis, le chef du groupe des plongeurs de DGA TN. Les plongeurs pyrotechniciens peuvent plonger jusqu'à 50 mètres de profondeur. Leur rôle est de préparer les essais en installant la charge explosive et les lignes de mesures équipées de capteurs qui enregistrent les effets de l'explosion. Ces mesures sont ensuite utilisées pour alimenter et affiner les modèles numériques.
Une présentation médiatique sans explosif
En ce début juillet, pas de TNT à bord du Baliste. Pour la première présentation médiatique du nouveau moyen d'essai, Rémy se met à l'eau dans la darse de l'arsenal du Mourillon, qui abrite la plateforme Pegase utilisée pour améliorer la discrétion acoustique des sous-marins. Romain quitte la passerelle pour aider son collègue à s'équiper, tandis qu'Alexis est au poste de surveillance plongée. À peine immergé, Rémy doit remonter : « Romain va te passer des outils », lui explique Alexis. Un gros rire se fait entendre dans le haut-parleur. Rémy comprend qu'il va devoir gratter les hélices. « Autant que la plongée soit utile », se justifie Romain dans un large sourire.
Un moyen d'essai polyvalent
À l'occasion, le Baliste peut aussi servir de plastron au Sesda, le site d'expérimentation et d'évaluation des systèmes de défense aérienne, une autre installation de DGA TN située sur les falaises de la presqu'île de Saint-Mandrier. Un « couteau suisse » on vous dit.



