Airbus réussit le premier vol de son drone intercepteur Bird of Prey
Airbus a annoncé avoir « réussi avec succès » le premier vol de démonstration de son drone intercepteur « Bird of Prey », sur un terrain d'entraînement militaire du nord de l'Allemagne. Cet événement marque une avancée significative dans la lutte contre les drones kamikazes de type Shahed, offrant une solution à un coût qualifié d'« abordable ».
Un scénario de mission réaliste et autonome
Lors de ce vol, le Bird of Prey a opéré de manière autonome dans un scénario de mission réaliste. « Il a recherché, détecté et identifié de manière autonome un drone kamikaze de taille moyenne », explique Airbus. Après cette identification, l'intercepteur a engagé la cible avec un missile air-air Mark I, développé par Frankenburg Technologies, une start-up partenaire spécialisée dans les technologies de défense.
Caractéristiques techniques du prototype
Basé sur un drone Airbus Do-DT25 modifié, le prototype Bird of Prey présente des spécifications impressionnantes :
- Envergure : 2,5 mètres
- Longueur : 3,1 mètres
- Masse maximale au décollage : 160 kg
Le vol de démonstration a eu lieu seulement neuf mois après le lancement du projet, démontrant une rapidité de développement notable.
Des missiles subsoniques à guidage autonome
Le prototype était équipé de quatre mini-missiles air-air Mark I, mais la version opérationnelle pourra en emporter jusqu'à huit. Ces missiles présentent des caractéristiques clés :
- Longueur : 65 cm
- Poids : moins de 2 kg
- Portée : jusqu'à 1,5 km
- Guidage : autonome
Ils sont équipés d'une ogive à fragmentation conçue pour neutraliser les cibles à courte portée. « Cela permettra au Bird of Prey réutilisable d'engager et de neutraliser plusieurs drones kamikazes par mission, à un coût par cible relativement faible », assure Airbus.
Un coût compétitif par rapport aux drones kamikazes
Le coût du missile Mark I est estimé à environ 50 000 dollars l'unité, et il pourrait même, à terme, coûter moins cher que certains drones kamikazes de type Shahed, estimés à environ 35 000 dollars. En comparaison, les missiles Mica, actuellement utilisés par les Rafale français au Moyen-Orient, coûtent entre 600 000 et 700 000 euros l'unité. Cette différence de prix rend le Bird of Prey une option économique pour la défense aérienne.
Intégration à l'architecture de défense de l'OTAN
Le Bird of Prey est conçu pour s'intégrer à l'architecture de défense aérienne de l'OTAN, via l'IBMS (Integrated Battle Management Software), le système de gestion de bataille d'Airbus. « Il s'agit d'une étape décisive pour la défense aérienne moderne [...] et cela permet de se défendre contre les menaces aériennes massives à une échelle fondamentalement différente », s'est réjoui Kusti Salm, PDG de Frankenburg Technologies.
Une priorité tactique dans le contexte géopolitique actuel
Mike Schoellhorn, PDG d'Airbus Defence and Space, a souligné l'importance de cette innovation : « Dans le contexte géopolitique et militaire actuel, la défense contre les drones kamikazes est une priorité tactique. Grâce à notre Bird of Prey et aux missiles Mark I, nous fournissons un intercepteur efficace et économique, comblant ainsi un manque crucial de capacités sur les théâtres d'opérations asymétriques actuels. »
Ce développement positionne Airbus comme un acteur clé dans la réponse aux menaces émergentes, offrant une solution technologique avancée et accessible pour renforcer la sécurité aérienne.



