Thomas Cazenave élu maire de Bordeaux : un discours opérationnel pour agir « vite et fort »
Thomas Cazenave élu maire de Bordeaux, un discours opérationnel

Thomas Cazenave officiellement élu maire de Bordeaux lors d'un conseil municipal d'installation

Ce vendredi 27 mars, le conseil municipal de Bordeaux s'est réuni pour installer la nouvelle majorité et élire officiellement Thomas Cazenave comme maire. Dans un rituel républicain très codifié, Lionel Grossmann, doyen du conseil municipal, a ceint l'écharpe tricolore au nouveau premier magistrat de la ville.

Un vote formel mais symbolique

Le scrutin a donné quarante-neuf voix pour Thomas Cazenave, candidat victorieux de la droite et du centre. L'opposition a marqué sa position par douze abstentions (les deux groupes écologistes et le seul élu communiste), deux votes blancs et deux nuls (le groupe socialiste). Malgré quelques péripéties lors du dépouillement, notamment la recherche d'une enveloppe manquante, l'issue ne faisait aucun doute.

Sous les applaudissements nourris, Thomas Cazenave, visiblement ému, a porté la main sur son cœur. La séance a été ouverte une dernière fois par Pierre Hurmic, le maire sortant, avant qu'il ne rejoigne son siège dans les rangs de l'opposition.

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Un discours tourné vers l'action et l'héritage bordelais

Dans un discours dépourvu d'emphase et de fioritures, le nouveau maire a d'abord rendu hommage à Bordeaux, qualifiée de « ville ouverte », évoquant les figures de Michel de Montaigne, Jacques Chaban-Delmas et Alain Juppé. « Je me sens dépositaire d'un héritage politique bordelais et girondin », a déclaré Thomas Cazenave, ancien député macroniste.

Face « aux tumultes et aux fractures » contemporaines, il a affirmé vouloir préserver la tempérance, la modération et « le bien vivre ensemble sur le plan politique, social et religieux ». Il a également partagé un moment personnel, évoquant son stage il y a vingt ans au cabinet d'Hugues Martin, et remercié sa famille pour ses « réels sacrifices ».

Les indemnités des élus et un appel à l'administration

Le conseil a voté les indemnités de fonction des élus municipaux :

  • 4 081 euros brut pour le maire (sur un maximum autorisé de 8 940 euros)
  • 2 878 euros pour les 22 adjoints (maximum 4 470 euros)
  • 1 171 euros pour un conseiller municipal avec délégation
  • 370 euros pour un simple conseiller municipal, y compris de l'opposition

Thomas Cazenave a précisé que l'enveloppe globale était inférieure à celle de l'année précédente.

Le nouveau maire a également adressé un signal clair à l'administration municipale : « Je veux m'adresser aux agents municipaux. Je vais vous en demander beaucoup parce que nous avons beaucoup à faire. » Il a insisté sur la nécessité d'agir « vite et fort », répondant ainsi aux attentes des Bordelais.

Une main tendue à l'opposition et des lignes directrices

Thomas Cazenave a tendu la main à l'opposition, affirmant : « Ma porte vous sera toujours ouverte. » Il a salué républicainement Pierre Hurmic, lui assurant son respect, et a promis de ne pas revenir sur la végétalisation engagée, tout en portant « une véritable ambition en matière de transition écologique ».

Il a déroulé les grandes lignes de son programme :

  1. Sécurité, entretien de l'espace public et propreté
  2. Un nouveau projet urbain en cœur de ville et à Bordeaux nord
  3. Renforcement de l'attractivité de la Métropole
  4. Positionnement de Bordeaux comme capitale européenne de la culture

L'opposition se positionne déjà

Les élus d'opposition ont ensuite pris la parole, adressant des félicitations républicaines tout en affichant leur détermination. Didier Jeanjean, ex-adjoint de Pierre Hurmic, a averti : « Ce sera un mandat de combat. » Harmonie Lecerf a promis une « opposition constructive et ambitieuse », tandis qu'Olivier Escots, seul élu communiste, s'est dit prêt à résister à toute tentative de faire de Bordeaux une « start-up city ».

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La séance s'est conclue par la traditionnelle photo du nouveau conseil municipal sur les marches du palais Rohan, dernier acte de concorde républicaine avant que les antagonismes politiques ne resurgissent. Dans la majorité, l'heure était aux célébrations sous un grand soleil bordelais, marquant le début d'un nouveau chapitre pour la ville.