Un dernier conseil municipal sous haute tension à Boé
Le 16 février a marqué le dernier conseil municipal du mandat de Pascale Luguet, maire sortante de Boé. Cette séance, placée sous le signe des finances, a été émaillée de vives tensions entre la candidate à sa propre succession et Jean-Michel Lafuente, ancien adjoint et également candidat à la mairie. Les débats ont rapidement dérapé, révélant des fractures profondes au sein de l'assemblée.
L'épineuse question de l'amiante au cœur des accusations
Jean-Michel Lafuente a immédiatement relancé le sujet de l'amiante retirée du nouveau bâtiment du service jeunesse, situé rue des Roses. Ce dossier, déjà abordé lors du conseil précédent, avait conduit l'opposant à saisir le procureur de la République. Pascale Luguet a répliqué en soulignant qu'elle n'avait pas reçu les documents promis par Lafuente, malgré une lettre recommandée envoyée le 13 janvier. La maire sortante a expliqué que l'amiante avait été traitée et confinée par les services municipaux avant d'être vandalisée, et que les déchets avaient depuis été enlevés.
Ces arguments n'ont pas convaincu Jean-Michel Lafuente, qui a balayé les explications d'un geste, accusant Pascale Luguet de mentir aux Boétiens. Il a affirmé détenir des preuves, sans toutefois les présenter lors de la séance, alimentant ainsi un climat de défiance.
Des divergences financières qui exacerbent les conflits
La présentation du compte financier unique a ensuite provoqué un nouvel accès de tension. Jean-Michel Lafuente a contesté les chiffres avancés, déclarant : « Nous n'avons pas les mêmes chiffres ». Pascale Luguet s'est agacée de cette remise en cause, arguant que l'opposant ne tenait pas compte des subventions à venir. Muriel Grégoire, directrice générale adjointe des services, a appuyé la maire en précisant que tous les chiffres étaient certifiés par le comptable public et disponibles en ligne.
Cette intervention a été saluée par des applaudissements de la majorité, mais Jean-Michel Lafuente l'a perçue comme une « agression d'un élu », illustrant l'atmosphère électrique de la réunion. La DGA a reçu le soutien ferme de Pascale Luguet, consolidant les lignes de fracture politiques.
Un bilan financier positif malgré les polémiques
Pour cette dernière approbation des comptes, l'équipe municipale sortante a mis en avant une gestion rigoureuse. Le budget affiche un excédent de clôture de 660 000 euros, avec une bonne maîtrise des charges de fonctionnement et de personnel. L'épargne brute remonte à plus de 12 %, se rapprochant du niveau de 2023. Enfin, l'en-cours de la dette s'élève à 555 890 euros, soit 98 euros par habitant, un montant presque neuf fois inférieur à celui des villes comparables, selon Pascale Luguet.
Ce bilan financier, bien que positif, n'a pas suffi à apaiser les tensions, laissant présager une campagne électorale animée à Boé. Les échanges acerbes de ce dernier conseil municipal soulignent les défis à venir pour la gouvernance locale.



