Sète renouvelle le GSRI : 300 000 € pour la sécurité privée
Sète renouvelle le GSRI : 300 000 € pour la sécurité privée

La sécurité résidentielle à Sète continue de se renforcer avec la montée en puissance du dispositif GSRI. Son budget grimpe à 300 000 €, malgré des critiques sur la privatisation de la sécurité publique et des interrogations sur son efficacité réelle.

Un dispositif en place depuis plus d’un an

Voilà un peu plus d’un an que le bailleur social Sète Thau Habitat s’appuie sur le Groupement de sûreté résidentielle inter-bailleur (GSRI) pour renforcer la tranquillité sur l’Île de Thau, à Sète. Cette brigade privée, composée d’anciens policiers et militaires, mène des patrouilles hebdomadaires aléatoires (de 16 h à 2 h du matin) afin de sécuriser les parties communes, prévenir les dégradations, évincer les occupations illicites et signaler les dysfonctionnements au bailleur, en lien avec les forces de l’ordre.

Des critiques récurrentes de l’opposition

Un dispositif maintes fois critiqué par l’opposition municipale de gauche, laquelle questionne sa pertinence et son efficacité. La mission des agents concerne 752 logements sociaux sur les 1 200 que compte la ville.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram
“Ce modèle permet d’instaurer un véritable continuum de sécurité au sein des résidences, estime la Ville de Sète, en complément de l’action des forces de l’ordre et des bailleurs sociaux […]. Le GSRI apporte une réponse pragmatique à des problématiques du quotidien : nuisances sonores, occupations abusives, dégradations, incivilités.”

Un budget porté de 200 000 à 300 000 €

Fort de ce bilan jugé concluant, la Ville de Sète a voté lundi, en conseil municipal, le renouvellement de l’adhésion de Sète Thau Habitat au GSRI. Et même plus, avec un renforcement du dispositif, une augmentation des passages (jusqu’à deux interventions par semaine) et une extension des plages d’intervention (incluant les week-ends). La collectivité fait ainsi le choix de porter à 300 000 € son budget alloué au dispositif pour l’année 2026, contre 200 000 € la première année.

“Sur le fond, il n’est pas acceptable de privatiser la sécurité publique, a réagi, lundi, Chantal Boller (LFI), pour le groupe Nouvelles Pages. Quelles sont les suites de l’action menée ? Quelle est la plus value de cette brigade ?” Estimant que cette somme aurait pu “renforcer la médiation sociale”. Même son de cloche chez son partenaire Gabriel Blasco (PCF), qui explique “rester sur sa faim”. “On vote 300 000 € mais quel a été le rapport des habitants avec ce dispositif ? Quel est le bilan ? Il n’y a que le bailleur social Sète Thau Habitat qui bénéficie de cette action. On est sur une privatisation à 300 000 € avec des agents qui portent des gilets par balle et des gazeuses.”

“On déplace le problème par rapport au trafic de drogue”

Favorable, lui, à “la création d’un nouveau commissariat” à l’Île de Thau, Sébastien Pacull (Sète Rassemblée – RN), “regrette” ce virage vers “la privatisation de la sécurité publique”. “On déplace le problème par rapport au trafic de drogue. Et on connaît le résultat.”

Le GSRI en 2025 : un bilan chiffré

En 2025, sur le périmètre des résidences gérées par Sète Thau Habitat, la Ville de Sète indique que l’activité de la brigade s’est traduite par :

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale
  • 274 rondes générales, complétées par 99 rondes ciblées déclenchées à la suite de troubles identifiés et 49 interventions à la demande des bailleurs ;
  • 20 opérations d’éviction, ayant permis d’écarter plus d’une centaine d’individus occupant illicitement les parties communes ;
  • 42 découvertes de produits stupéfiants ou d’objets illicites ou dangereux dans les parties communes ;
  • des centaines de signalements d’anomalies techniques, d’incivilités ou de dégradations, contribuant à une amélioration concrète du cadre de vie.

Pour appuyer sa décision, la Ville, par l’intermédiaire de son nouvel adjoint à la sécurité David Farran, met en avant “les retours des habitants, recueillis à travers des rencontres régulières”, ainsi qu’une “enquête menée auprès de plus d’une centaine de locataires”. “87 % des résidents sont énormément contents de ce qui se passe avec le GSRI”, affirme David Farran, qui souligne “le sentiment de sécurité renforcé” et donc “une attente forte” de pérennisation du dispositif. En outre, indique encore la Ville, dans “certains secteurs”, les données observées montreraient une “évolution positive” du contexte sécuritaire, avec une “baisse notable” d’événements graves liés aux trafics.