Qui sont les agents du GSRI qui patrouillent dans le quartier de l'Île de Thau à Sète ?
Depuis un an, le bailleur social Sète Thau Habitat collabore avec le Groupement de sûreté résidentielle inter-bailleur (GSRI) pour renforcer la sécurité sur l'Île de Thau. Cette brigade privée, composée d'anciens policiers et militaires, effectue des patrouilles hebdomadaires aléatoires pour sécuriser les parties communes, prévenir les dégradations, évincer les occupations illicites et signaler les dysfonctionnements au bailleur, en lien avec les forces de l'ordre. Midi Libre les a suivis lors d'une patrouille.
Un déploiement tactique quasi-militaire
Lorsque le GSRI arrive à l'Île de Thau, le plan d'intervention est bien rodé. Gilets pare-balles, casquettes coquées, passe-montagnes relevés et pantalons kaki, les 16 agents de cette brigade de sécurité privée se déploient selon un schéma tactique précis. Pendant que certains surveillent les quatre coins de l'ensemble immobilier, dont deux accompagnés d'un chien de défense, trois autres grimpent dans les étages de chaque bâtiment pour vérifier les parties communes. Ils ouvrent méthodiquement les portes des locaux techniques (compteurs électriques ou d'eau) pour contrôler leur état ou détecter tout objet interdit par le règlement intérieur du bailleur Sète Thau Habitat.
Au fur et à mesure de leur progression, ils constatent les anomalies : boîtes aux lettres enfoncées, tags, réfrigérateurs devant un ascenseur, pannes diverses. Le chef de groupe, resté au pied de l'immeuble, reçoit en direct les comptes rendus sur sa tablette. Les caves et parkings sont également inspectés, comme toutes les zones appartenant au bailleur. Seul un arrêté préfectoral leur permettrait d'intervenir sur la voie publique.
Un service apprécié des locataires
« Ces constatations sont envoyées au bailleur, ce qui permet d'avoir des remontées supplémentaires par rapport à celles des gestionnaires de proximité », explique Steve Lefebvre, directeur général du GSRI, ancien du ministère de l'Intérieur et membre du groupe de sécurité de la présidence de la République pendant une vingtaine d'années. « On explique aux gens qu'on est au service des locataires, que c'est leur famille et que c'est le même règlement pour tous, et ça se passe très bien. »
Depuis un an, Sète Thau Habitat (750 logements, notamment sur l'Île de Thau) a adhéré au GIE du GSRI, lancé il y a deux ans sous l'impulsion de Mikaël Delafosse à Montpellier, avec le soutien financier de la Ville de Sète. Les patrouilles ont lieu une fois par semaine, de manière aléatoire, en semaine ou le week-end, entre 16 h et 2 h du matin. Cette « brigade de tranquillité résidentielle » vise à favoriser « un environnement serein pour les locataires », selon le directeur. « Il y a deux types d'insécurité : celle liée à certains comportements humains, mais aussi celle liée à l'insécurité bâtimentaire, quand les locaux sont dégradés ou qu'il y a des pannes à répétition. »
Un doublement des rondes en 2026
Lors du conseil d'administration de Sète Thau Habitat, il a été décidé que le GSRI passerait désormais deux fois par semaine dans les résidences de l'Île de Thau à partir de 2026. Un numéro de téléphone sera mis à disposition des locataires pour signaler des anomalies. Le coût total du service passera de 468 000 € à 705 000 €. La subvention de la Ville de Sète, votée au dernier conseil municipal, passera de 168 000 € à 200 000 €. L'aide du fonds social à l'innovation de la caisse de garantie des logements ayant disparu, Sète Thau Habitat augmentera sa participation de 100 000 € à 405 000 €.
Des agents formés et équipés
Les agents du GSRI, anciens personnels de sécurité privée, policiers ou militaires, suivent une formation intensive de trois semaines (code pénal, légitime défense, droit bâtimentaire, etc.), complétée chaque mois par des animateurs de la police nationale. Armés d'un bâton télescopique et d'une bombe lacrymogène, ils agissent dans le cadre des règles de la sécurité privée. Ils peuvent verbaliser les dégradations, dépôts sauvages et actes mécaniques non autorisés sur les parkings.
Ce soir de décembre, ils croisent peu de monde dans les halls. Les résidents se pressent de rentrer chez eux. Cette année, le GSRI a procédé à l'éviction de plus de 100 personnes des parties communes. Pas de dealers ou de guetteurs parmi eux. « Le cas le plus fréquent, ce sont les gens qui s'installent pour fumer pour ne pas le faire chez eux, devant leurs enfants », raconte un agent. « On leur explique qu'on est au service des locataires, que c'est leur famille et que c'est le même règlement pour tous, et ça se passe très bien. »
Un taux de satisfaction de 85,6 %
Il est 20 h au pied de l'immeuble du Globe. Une employée de boulangerie rentre du travail et croise les agents. « C'est vraiment bien qu'ils soient là, avec tout ce qui se passe ici. Aussi pour les gens comme moi qui rentrent du travail à pied. J'habite dans le quartier depuis les années 80 avec mes parents. C'était tranquille ici. Mais maintenant ça a changé. On n'a vraiment pas à vivre comme ça ! » Selon elle, « tout le monde est content que le GSRI soit là ». Une autre résidente demande même aux agents de venir toute la semaine, comme un commissariat de quartier.
La dernière enquête de Sète Thau Habitat auprès de ses locataires montre un taux de satisfaction de 85,6 %. « Indirectement », admet son directeur, le GSRI participe à la sécurisation globale du quartier, régulièrement confronté au narcotrafic. Il n'est pas rare que la brigade découvre des produits stupéfiants dissimulés dans les parties communes (47 sachets de stupéfiants en 2025 sur 35 procédures de découvertes) et même une arme de poing. « Dans ce cas-là, on contacte l'officier de quart du commissariat qui prend le relais », indique le directeur. Les agents sont équipés de menottes pour appréhender un individu en flagrant délit et travaillent « main dans la main avec les services de l'État ».
En plus des rondes classiques (environ 200), le GSRI peut intervenir à la demande d'un bailleur sur une problématique précise ou en opération conjointe avec les forces de l'ordre. « Cette année nous en avons fait quelques-unes ici avec la police municipale, la Bac et la CRS », précise Steve Lefebvre. L'an prochain, les rondes vont doubler dans le quartier.



