Sète Agglo : Loïc Linares dévoile sa feuille de route pour le "mandat du changement d'ère"
Sète Agglo : Linares lance le mandat du changement d'ère

Sète Agglopôle Méditerranée entre dans une nouvelle ère sous la présidence de Loïc Linares

Réélu à la tête de Sète Agglopôle Méditerranée le 31 mars dernier, Loïc Linares a présenté sa feuille de route pour ce qu'il qualifie de "mandat du changement d'ère". Entre les forages controversés d'Issanka, l'avancée du projet LGV, la collaboration avec le nouveau premier vice-président Hervé Marquès et l'élaboration d'un projet de territoire ambitieux, le président de l'agglomération sétoise partage son cap stratégique pour les années à venir.

Les forages d'Issanka : une préoccupation majeure encadrée

Ce jeudi soir, les élus sétois présenteront une motion commune suite à l'autorisation préfectorale de forage sur le périmètre de la source d'Issanka, dans le cadre du projet LNMP (Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan). Loïc Linares précise sa position : "On savait que le sujet allait arriver. Nous avions refusé jusqu'à présent de revoir le périmètre de la DUP du captage d'Issanka, mais le préfet a utilisé son droit de le faire."

Le président a demandé la création d'un groupe de travail d'expertise technique et scientifique pour suivre le cahier des charges de la SNCF concernant ces sondages. "La SNCF en a besoin pour avoir les autorisations environnementales nécessaires à la construction des piliers du viaduc de Poussan. Notre impératif, c'est que les choses soient bien faites et que la ressource en eau soit sécurisée", insiste-t-il.

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Face aux inquiétudes des élus concernant l'alimentation en eau potable de Sète, Linares se veut rassurant : "Grâce au retour des agents sur l'évaluation technique et scientifique, on sait qu'il n'y a pas de danger. La SNCF veut vérifier à quel niveau se situe le toit calcaire qui enveloppe la ressource en eau, et la perméabilité de la première couche de terre." L'opération est encadrée par l'ARS, un hydro-géomètre, et des bureaux d'études spécialisés.

La LGV : des avancées concrètes et des garanties obtenues

Concernant le gel des 800 000 euros dans le protocole de financement de Sète Agglo pour la LGV, Loïc Linares confirme : "La somme est toujours gelée. Elle pourrait être débloquée dans l'année. J'attends les confirmations des engagements pris pour l'étude qui va nous permettre de définir le périmètre de desserte de la gare de Sète."

Des progrès significatifs ont été réalisés : "On a avancé sur la possible adaptation de la ligne au nord, à Poussan, afin d'y créer une halte temporaire ou une future gare. Le principe est déposé. On a aussi obtenu des garanties sur le maintien de la ligne historique." L'objectif est clair : développer les trains du quotidien pour augmenter la fréquence des TER et du fret sur la ligne existante.

Le président reconnaît que Sète Agglo est le seul EPCI à ne pas avoir encore versé sa participation financière, mais souligne : "Il s'agit aussi de jouer la solidarité avec les autres territoires. Si la SNCF respecte ses engagements, on pourra considérer de délibérer pour participer financièrement."

Une nouvelle gouvernance avec Hervé Marquès

Avec Hervé Marquès désormais premier vice-président, Loïc Linares envisage une collaboration constructive : "On va travailler ensemble. C'est dans l'esprit dont l'élection s'est passée. Il y a eu une vraie volonté collective et on a commencé à le faire." Des réunions régulières ont été mises en place, avec des points toutes les deux semaines et des suivis spécifiques chaque jeudi.

Le président reconnaît leurs différences : "J'ai une connaissance du territoire et de l'intercommunalité que j'ai développée depuis 2008. Hervé va amener la dimension ville centre. Dans sa personnalité que j'apprends à connaître, il est peut-être dans cette volonté d'avancer vite. Moi je suis au contraire plutôt quelqu'un du temps long." Mais il mise sur cette complémentarité : "Je crois beaucoup, et la nature est ainsi faite, au besoin de la diversité pour poser des équilibres généraux."

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Un projet de territoire pour les 15-20 prochaines années

Loïc Linares définit clairement les enjeux de ce nouveau mandat : "Nous entrons clairement dans le mandat du changement d'ère. D'abord sur la gouvernance et la façon dont on a mis en place l'exécutif. Cela doit aller jusqu'à la relation avec les habitants."

L'agglomération va organiser son administration pour développer les consultations citoyennes, car "on est aussi dans un changement d'ère par rapport à notre modèle de développement : réutilisation des friches industrielles, réindustrialisation, triptyque mobilité-habitat-développement économique."

Les défis sont multiples : "Il faut répondre présent sur les besoins essentiels des habitants, comment se déplacer et se loger, réutiliser l'ancien, avoir une stratégie foncière pour lutter contre la spéculation. Si on veut attirer de l'activité, il faut loger les gens venant travailler sur le territoire."

Le président souligne également les enjeux environnementaux : "Sur le front de l'évolution climatique, ce territoire est un laboratoire à ciel ouvert. Il faut être audacieux dans l'innovation, ne pas avoir peur de tester et d'expérimenter." La gestion de l'eau potable, régie par régie, fait également partie des priorités.

Une ambition nationale et européenne

Loïc Linares annonce vouloir porter la voix du territoire au-delà des frontières locales : "Je vais essayer de nous faire entendre à l'échelle nationale, voire européenne, être aussi celui qui va chercher des financements et convaincre ailleurs." Il rappelle que son prédécesseur était représenté à l'Union européenne et qu'il faut "reprendre ces places-là car c'est là que se jouent les financements et les évolutions réglementaires."

Concernant son style de leadership, le président confirme : "Je n'ai pas de raison de changer ma manière de travailler mon engagement pour le territoire. En revanche, je vais le faire à un autre rythme. En 10 mois, il y avait besoin de convaincre et d'établir des relations de confiance. Je vais juste m'économiser pour durer."

Le projet de territoire qui se dessine fixera le cap pour les 15 à 20 prochaines années, intégrant à la fois les enjeux de développement économique, de transition écologique et de qualité de vie pour les habitants de l'agglomération sétoise.