Le départ d'un sous-préfet engagé
Après plus de quatre années à la tête de la sous-préfecture de Lodève, Éric Suzanne prend sa retraite. Le représentant de l'État quitte le territoire avec le sentiment persistant qu'il y a tant à faire, formule qui aura ponctué l'ensemble de son mandat.
Un style direct et un engagement total
Depuis son arrivée en septembre 2023, le style direct et entier d'Éric Suzanne a parfois surpris les acteurs locaux habitués à plus de déférence. Certains observateurs y voyaient le baroud d'honneur d'un fonctionnaire en fin de carrière, mais le sous-préfet est resté fidèle à lui-même jusqu'au bout.
Avant de partir, il aura pris soin de mettre à l'heure d'été l'horloge de la grande salle de réunion, au premier étage de la sous-préfecture. Sur le mur trône une tapisserie monumentale prêtée par le Mobilier National. "Cette œuvre nous rappelle que nous sommes dans un territoire de qualité, de beauté, d'art", souligne-t-il, y voyant un symbole de la valeur du territoire.
Une affectation passionnante en cœur d'Hérault
Éric Suzanne décrit son affectation lodévoise comme passionnante. Il s'est pleinement investi dans les dossiers du Loup, des France services et surtout de la ruralité. "Notre territoire est très rural et il gagne de la population. J'ai été enchanté de travailler avec la très grande majorité des élus", confie-t-il.
Au crépuscule de sa carrière, il rend un hommage appuyé aux forces de gendarmerie et aux hommes du SDIS, "des institutions proches des gens, H24, avec une vraie volonté d'être présents et de protéger la population".
Le logement comme mantra
Passionné d'aménagement du territoire, Éric Suzanne a fait du logement son cheval de bataille. Il a régulièrement interpellé les élus sur la crise du logement, soulignant les travaux réalisés avec la DETR pour réparer des logements communaux, mais insistant sur la nécessité d'aller plus loin.
"Il faudra modifier les PLUI pour pouvoir construire en hauteur et loger les moins de 30 ans. Sans toit, on ne peut être employé", martèle-t-il. La création de richesse fait également partie de ses priorités, avec le développement d'un œnotourisme haut de gamme et la diversification économique.
Un parcours marqué par la persévérance
Né en 1962 à Annecy dans une famille modeste, Éric Suzanne confie porter depuis quarante ans l'échec de son admission en médecine comme une "blessure narcissique" qui l'a pourtant stimulé. Ancien officier supérieur de la marine nationale de 1984 à 2002, diplômé de Sciences Po Aix-en-Provence, il a intégré l'administration préfectorale en décembre 2002 comme directeur de cabinet du préfet de Charente.
Il garde une profonde admiration pour "les petites mains", citant particulièrement les caissières de supermarché pendant la crise du Covid.
Un dernier message avant le départ
Le 27 mars, devant les autorités et représentants du territoire, Éric Suzanne a prononcé une dernière fois sa formule fétiche : "Il y a tant à faire". Il quitte le cœur d'Hérault qu'il qualifie de "plus belle affectation", laissant derrière lui la tapisserie monumentale de la sous-préfecture comme symbole de son attachement au territoire et à ses habitants.



