Saintes renforce sa démocratie locale avec deux nouveaux quartiers et adjoints
La municipalité de Saintes a pris une décision importante lors de son deuxième conseil municipal de la mandature. Ce jeudi 9 avril, la majorité du maire réélu Bruno Drapron a officiellement créé douze conseils de quartier, contre dix auparavant. Cette évolution s'accompagne de la création de deux nouveaux postes d'adjoints au maire, portant leur nombre de dix à douze membres.
Une équipe municipale élargie
Le conseil municipal a validé l'installation des deux nouveaux adjoints : Jean-Charles Langlais et Elisabeth Berniard. Comme leurs dix collègues, ils ont été élus par un vote à bulletins secrets le vendredi 27 mars, obtenant les 28 suffrages de la majorité.
Cette décision rétablit une configuration similaire à celle appliquée sous le mandat précédent de Jean-Philippe Machon (2014-2020). L'équipe des adjoints comprend désormais Günter Jedat, Véronique Abelin-Drapron (précédemment conseillers délégués) et Pierre Dietz (ancien élu de l'opposition), auxquels s'ajoutent sept adjoints reconduits de la mandature 2020-2026.
Représentation élargie des hameaux
Le renforcement du nombre d'adjoints répond directement à la création des nouveaux quartiers "hameaux sud ouest" et "hameaux nord". Le maire Bruno Drapron a justifié cette évolution en expliquant : "Tous les habitants des hameaux de Saintes ne se sentaient pas très représentés."
Ces nouveaux conseils de quartier viendront compléter les instances participatives existantes : le Conseil des sages, le Conseil local de transition écologique, le Conseil citoyen et le Conseil municipal des jeunes. Cette expansion répond également à un afflux de candidatures pour ces fonctions municipales.
Critiques de l'opposition sur la gouvernance
L'opposition Saintes Demain (huit voix) a adopté une position nuancée. Elle a voté en faveur de la création des douze quartiers, mais s'est abstenue concernant la création des deux postes d'adjoints. Cette réticence s'explique par le modèle de gouvernance proposé, où chaque adjoint piloterait un conseil de quartier.
La numéro deux de la liste Norigeon a rappelé la préférence de l'opposition pour "un comité de quartier dont le pilotage aurait été confié à des Saintais issus de la société civile". L'opposition de gauche a quant à elle regretté une "gouvernance verticale", lui préférant "une gouvernance horizontale basée sur la démocratie participative".
Débat sur les indemnités des élus
L'équipe Saintes Demain s'est également abstenue concernant les montants des indemnités des élus de la majorité. Cette question rappelle un geste symbolique de 2020, lorsque le nouveau maire et son équipe avaient renoncé à leurs indemnités jusqu'à la fin de l'année, permettant d'économiser 106 000 euros redistribués au monde associatif fragilisé par la crise Covid.
Ce début de deuxième mandat adopte une approche plus classique. La Ville de Saintes, en tant que chef-lieu d'arrondissement, bénéficie d'une majoration de 20% des indemnités brutes mensuelles du maire et des adjoints. Bruno Drapron a cependant sollicité un taux inférieur au maximum autorisé.
Avec un taux de 59,16% de l'indice brut terminal de l'échelle indiciaire de la fonction publique (au lieu des 90% possibles), son indemnité de base s'élève à 2 431,79 euros bruts, portée à 2 918,15 euros avec la majoration. Les douze adjoints percevront quant à eux 1 245,49 euros bruts mensuels, et les quatorze conseillers délégués 452,16 euros.
Cette réorganisation municipale marque une nouvelle étape dans la vie démocratique saintongeaise, avec des enjeux de représentation territoriale et de modèles de gouvernance qui continueront sans doute à animer les débats locaux.



