Un rapport accablant pour l'ancienne majorité
Mercredi soir, lors du conseil municipal de Saint-Maximin, la maire Vesselina Garello a dévoilé le rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) portant sur la gestion de la ville entre 2019 et 2024. Ce document, qualifié d'alarmant par l'édile, met en lumière de nombreuses irrégularités et défaillances dans l'administration municipale sous la mandature d'Alain Decanis. « J'ai mal dormi quand j'ai pris connaissance de ce rapport et de tout le travail qui nous attend pour redresser les choses », a confié Vesselina Garello, n'hésitant pas à égratigner son prédécesseur.
Des finances communales sous tension
La CRC souligne que la situation financière de la commune est tendue, avec un autofinancement structurellement bas. Cette situation s'explique notamment par la faiblesse de la fiscalité reversée par la Communauté d'agglomération Provence verte, soit 37 euros par habitant contre 205 euros en moyenne. Les budgets annexes sont également pointés du doigt pour des irrégularités importantes.
Gestion des ressources humaines : des pratiques contestées
Le rapport épingle sévèrement la gestion des ressources humaines, souffrant d'un manque de formalisation des règles et procédures. Sont notamment relevés :
- L'attribution irrégulière de jours de congés supplémentaires
- Le report illimité des congés sans limite de temps ni de nombre
- Une gestion défaillante des heures supplémentaires
- La non mise en œuvre de la journée de solidarité
Ces pratiques représentent un coût estimé à environ 302 000 euros en 2024, soit l'équivalent de huit emplois à temps plein.
Achats publics : des procédures à revoir
La CRC critique également la fonction achats, jugée insuffisamment organisée. La commune a eu recours de manière injustifiée à des marchés publics sans publicité ni mise en concurrence, en raison d'un manque de recensement rigoureux des besoins. Une professionnalisation est jugée nécessaire.
Réactions et défense de l'ancienne majorité
Alain Decanis, absent, n'a pu répondre que via les réseaux sociaux. Thomas Molina, élu d'opposition RN, a nuancé le propos en rappelant l'impact de la crise du Covid-19 et un endettement qualifié de convenable par la CRC. Il a également souligné que la mauvaise gestion des budgets annexes de l'eau et de l'assainissement, jusqu'en 2020, continue de peser, impliquant l'équipe précédente dont faisait partie l'actuelle maire.
Un budget de transition adopté sans débat
Le budget a été présenté comme un budget de transition, susceptible d'être corrigé ultérieurement. Il s'équilibre à 29 014 538,88 euros, avec 21 388 446,80 euros en fonctionnement et 7 626 092,08 euros en investissement. L'opposition l'a approuvé sans commentaire. Trois programmes pluriannuels ont été validés :
- Réfection de voirie : 2,65 millions d'euros sur trois ans
- Rénovation de la basilique : 1,32 million d'euros sur trois ans
- Rénovation des écoles : 3,67 millions d'euros sur cinq ans
Les taux d'imposition restent inchangés : 14,85 % pour la taxe d'habitation, 38,66 % pour le foncier bâti et 94,96 % pour le non bâti.
Subventions aux associations : un vote contrasté
Les subventions, d'un montant total de 702 650 euros, ont suscité des débats. Thomas Molina a déploré la présence de représentants associatifs dans la majorité, tandis que Nicole Davico Melek s'est félicitée d'une augmentation pour 30 % des associations. La maire a annoncé la tenue d'assises des associations pour définir des critères d'attribution transparents et collectifs.



