Saint-Jean-de-Luz : Un conseil municipal rapide mais tendu sur les indemnités des élus
Le deuxième conseil municipal de Saint-Jean-de-Luz depuis la réélection du maire Jean-François Irigoyen s'est tenu ce vendredi 3 avril, avec une durée remarquablement courte de 1 heure et 15 minutes pour traiter dix-neuf délibérations. « On a même fait plus vite que Ciboure », s'est amusé un élu à la sortie, faisant référence à une suprématie ponctuelle de cinq minutes sur la commune voisine de la baie. Cette rapidité contraste avec la domination habituelle de Ciboure lors du mandat précédent, mais ne préjuge pas nécessairement de la dynamique future des séances.
Une séance formelle centrée sur la répartition des postes
La séance était principalement formelle, avec de nombreux votes relatifs à l'attribution des postes dans les diverses instances de travail thématiques de la municipalité. La liste victorieuse du maire, Saint-Jean passionnément, truste logiquement l'essentiel de ces positions, tandis que les deux groupes d'opposition se répartissent les quelques sièges réservés aux minorités. Un moment de tension est survenu lors de la désignation des membres de la commission d'appel d'offres, où la distribution doit se faire proportionnellement au nombre d'élus. Avec quatre sièges pour la majorité et un pour l'opposition, il a fallu départager les deux groupes minoritaires, Un Nouvel Elan et Donibanen Bizi, qui comptent chacun quatre élus. C'est finalement le groupe de gauche et abertzale, Donibanen Bizi, qui a obtenu le siège, au bénéfice de l'âge de son représentant, Pierre-Laurent Vanderplancke.
Le cœur du débat : Les indemnités pour seulement la moitié des élus
Le début de mandature est traditionnellement l'occasion d'adopter le montant des indemnités des élus municipaux. La majorité a choisi de répartir l'enveloppe mensuelle totale de 13 359,20 € entre le maire, les neuf adjoints et sept conseillers municipaux délégués. Les taux appliqués sont le maximum autorisé pour le maire (67,60 %) et légèrement inférieurs aux plafonds pour les adjoints (23,03 %) et les conseillers délégués (7,15 %). Conformément à la loi, ces indemnités ont été majorées de 15 % car Saint-Jean-de-Luz est chef-lieu de canton, et de 25 % car c'est une station classée. Ainsi, le maire percevra 3 890,20 € brut par mois, chaque adjoint 1 325,31 €, et chaque conseiller délégué 293,90 €.
Cependant, cette répartition laisse les seize autres membres de l'assemblée communale, soit huit de la majorité et huit de l'opposition, sans aucune indemnité. Hugo-Luc Maillos, au nom de Donibanen Bizi, s'est ému de cette situation : « Nous ne remettons pas en cause le principe ni la légitimité des sommes allouées, mais nous vous soumettons une proposition : ajuster légèrement les taux pour libérer une enveloppe symbolique. » Son groupe a proposé de réduire les taux à 57,40 % pour le maire, 20,70 % pour les adjoints et 6 % pour les conseillers délégués, ce qui permettrait d'allouer 2,3 % du total, soit environ 100 euros par mois, à chacun des seize élus exclus. « C'est une somme avant tout symbolique, mais elle reconnaîtrait le travail de chacun dans cette assemblée », a-t-il plaidé.
Une ouverture prudente du maire et un vote divisé
Le maire Jean-François Irigoyen s'est montré ouvert à l'idée, déclarant : « Je vais regarder, mais on reste aujourd'hui sur la délibération telle qu'elle est présentée. » En conséquence, la proposition initiale de la majorité a été mise au vote. Donibanen Bizi a voté contre, tandis que Manuel de Lara et son groupe Un Nouvel Elan se sont abstenus. La délibération a donc été adoptée sans modification, laissant la question des indemnités pour les élus non-délégués en suspens pour de futures discussions potentielles.
Ce conseil municipal, bien que rapide, a ainsi mis en lumière les tensions persistantes autour de la reconnaissance financière du travail des élus, opposant la logique majoritaire à des demandes d'inclusion plus symboliques de la part de l'opposition.



