Saint-Georges-de-Didonne : six listes pour succéder à Bussereau dans une mairie instable
Saint-Georges-de-Didonne : six listes pour une mairie instable

Saint-Georges-de-Didonne : une bataille municipale à six listes après l'ère Bussereau

À l'approche du premier tour des élections municipales, la petite commune littorale de Saint-Georges-de-Didonne, avec ses 5 300 habitants riverains de Royan, vit une situation politique tout à fait exceptionnelle. Pas moins de six listes de 29 candidats chacune seront en lice le 15 mars prochain, faisant de cette localité la deuxième du département en termes de candidatures après La Rochelle.

La fin d'une ère de stabilité

Cette multiplication de candidatures contraste fortement avec la longue période de stabilité qu'a connue la commune sous l'égide de Dominique Bussereau. Ancien ministre de 2002 à 2010 et président du Conseil départemental de 2008 à 2021, Bussereau a été élu maire pour la première fois en 1989, puis réélu en tête de liste en 1995, 2001 et 2008. Même lorsqu'il a confié temporairement l'écharpe tricolore à son ami Jean-Michel Renu, son influence est restée prépondérante.

Le tournant décisif survient en 2009 avec la démission de Jean-Michel Renu sous la pression de soupçons d'irrégularités dans la passation de marchés de travaux. Cet événement marque la fin de la stabilité politique qui caractérisait Saint-Georges-de-Didonne depuis des décennies.

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Une valse chaotique des édiles

Dans le rôle du « chevalier blanc » en 2009, un nouveau venu fait son apparition : Jean-Marc Bouffard, ancien cadre d'EDF. Élu d'opposition, il réclame alors la démission de tous les élus municipaux pour « repartir sur des bases saines ». Ce qu'il n'obtient pas en 2009, il le provoque en 2013 en créant un quorum insuffisant au sein du Conseil municipal après des défections en série dans la majorité de Françoise Brouard.

Jean-Marc Bouffard l'emporte ensuite en 2014, mais la stabilité reste éphémère. En 2020, François Richaud opère une fusion entre deux tours avec la liste de Dominique Franque de Luxembourg, créant une alliance gagnante mais fragile. Aujourd'hui, six ans plus tard, des élus de la majorité sortante se présentent sur trois listes différentes, illustrant l'éclatement du paysage politique local.

L'absence de leadership et la multiplication des candidatures

Dominique Bussereau lui-même analyse la situation : « Depuis, plus personne n'a instauré un véritable leadership. Si c'était le cas, nous ne verrions pas six listes candidates cette année. » Il ajoute : « Jean-Marc Bouffard aurait pu prendre ce leadership, mais il était un paradoxe : efficace dans son action, mais pas aimé pour ses méthodes personnelles. En 2020, ce n'est pas François Richaud qui a gagné, c'est Jean-Marc Bouffard qui a perdu. »

Élu à 76 ans, François Richaud n'incarnait pas un avenir durable. À 82 ans aujourd'hui, il avait pourtant envisagé de se représenter avant d'y renoncer finalement. La question de sa succession reste donc entièrement ouverte.

Des programmes similaires et des candidats variés

Fait notable : deux des six têtes de liste sont des femmes, offrant aux Saint-Georgeais un choix plus diversifié que dans de nombreuses autres communes. Cependant, Dominique Bussereau constate « des différences programmatiques extrêmement faibles » entre les listes. Toutes évoquent la nécessité de renouer le lien entre mairie et administrés, de refaire chaussées et trottoirs, d'étoffer l'offre d'animation et de logement « pour que Saint-Georges vive à l'année ».

Les principaux prétendants au fauteuil de maire

Dans cette course à six, deux candidatures semblent se distinguer :

  • Didier Simonnet, 66 ans, polytechnicien et ancien haut fonctionnaire, actuel premier adjoint au maire de Royan. Ses adversaires tentent de le disqualifier en le qualifiant de « Royannais » plutôt que de « vrai » Saint-Georgeais.
  • Yves Trocmet, 65 ans, ancien haut cadre chez Schneider Electric et adjoint aux finances de Bernin (Isère) de 2008 à 2014. Néo-Saint-Georgeais, il s'appuie en partie sur le réseau de l'ancien maire Jean-Marc Bouffard.

D'autres candidats pourraient jouer un rôle d'arbitres potentiels :

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  • Brigitte Weil-Renu, 66 ans, présidente de l'association culturelle locale Créa
  • Philippe Giafferi, 73 ans, ancien directeur d'Ehpad et ancien conciliateur de justice

Enfin, deux candidatures apparaissent plus marginales :

  • Chantal Piochaud, 60 ans, ancien agent de la fonction territoriale
  • Patrick Bouget, 64 ans, à la tête de la seule liste marquée politiquement, même sans l'investiture officielle du Rassemblement national

Face à cette joyeuse incertitude, les électeurs saint-georgeais devront faire leur choix parmi pas moins de 174 candidats répartis en six listes, dans une commune où la nature politique a visiblement horreur du vide laissé par le départ de Dominique Bussereau.