Roquebrune-sur-Argens : le maire Jean Cayron change de cap budgétaire pour son second mandat
Roquebrune : Jean Cayron modifie sa stratégie de désendettement

Un virage stratégique pour le second mandat de Jean Cayron à Roquebrune-sur-Argens

Le maire de Roquebrune-sur-Argens, Jean Cayron, entame son second mandat avec une approche budgétaire renouvelée. Après six années marquées par une réduction drastique de la dette municipale et des relations parfois tumultueuses avec l'Agglomération Estérel-Côte d'Azur, l'édile souhaite désormais placer son action sous le signe de l'apaisement et de l'investissement.

De la réduction intensive à une approche plus modérée de la dette

Lors de son premier mandat, Jean Cayron avait hérité d'une situation financière préoccupante avec une dette s'élevant à 3.000 euros par habitant. Le maire s'était alors attelé à un important travail de désendettement, résorbant environ 17 millions d'euros d'emprunts, soit une moyenne de 2,8 millions d'euros par an.

Pour ce second mandat, la stratégie évolue sensiblement. Jean Cayron annonce désormais vouloir « réduire la dette d'environ un million d'euros par an », ralentissant ainsi considérablement le rythme de remboursement. Cette décision vise à dégager des marges de manœuvre budgétaires pour « approfondir tout ce que nous n'avons pas pu faire dans cette situation d'urgence concernant le bien-être et le cadre de vie des Roquebrunois ».

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Des investissements prioritaires pour améliorer le quotidien

Parmi les projets phares que le maire souhaite mettre en œuvre figurent l'amélioration de l'habitat et des façades commerçantes dans le centre-ville, l'extension du parking du Castrum en délégation de service public, la rénovation des routes aux Issambres et le développement du plateau sportif de la Bouverie.

Cette nouvelle orientation budgétaire s'inscrit dans une volonté plus large de recentrer l'action municipale sur les préoccupations quotidiennes des habitants, après une première mandature principalement consacrée à assainir les finances communales.

Un apaisement des relations avec l'agglomération

Le changement de cap s'accompagne également d'une amélioration notable des relations avec l'Agglomération Estérel-Côte d'Azur. Après des périodes de tensions qui avaient conduit Jean Cayron à quitter temporairement le conseil communautaire, les rapports se sont « drastiquement réchauffés » ces derniers mois.

Cet état d'apaisement pourrait cependant être mis à l'épreuve par le dossier sensible de la Ligne Nouvelle Provence-Côte d'Azur (LNPCA). Alors que Frédéric Masquelier, président de l'agglomération, maintient son opposition totale au projet, Jean Cayron adopte une position plus nuancée.

Le maire de Roquebrune se dit « bien clair » sur ses priorités : il ne s'intéresse pas aux phases lointaines du projet (2045 et au-delà) qui envisageraient de nouveaux tronçons contournant l'Est-Var, mais se concentre sur les phases 1 et 2 qui prévoient des aménagements sur la ligne existante. Son objectif principal : obtenir des TER qui s'arrêtent le midi et le soir en gare de Roquebrune, ce qui pourrait s'accompagner d'une rénovation de la gare.

Une opposition déterminée à surveiller l'action municipale

Face à la majorité municipale, l'opposition se structure autour de plusieurs figures. Ken Tissier, après un deuxième revers électoral, regrette « le poids de l'étiquette RN dans la balance » mais affirme sa détermination à « représenter [ses] électeurs » et à poursuivre une « opposition constructive ».

L'élu minoritaire critique notamment l'approche budgétaire du maire : « Désendetter la Ville n'est pas une vision politique ». Il formule le vœu que Jean Cayron, dont 60% des électeurs n'ont pas voté pour lui au premier tour, soit « un peu plus ouvert aux propositions des autres listes durant ce mandat ».

À sa droite, Julie Lechanteux, également députée, se dit désabusée par le résultat électoral mais déterminée à être présente aux conseils municipaux. Elle estime que les élus de la majorité « ne sont pas prêts à avoir face à eux une vraie opposition qu'ils n'ont pas eue jusqu'ici » et promet de travailler les dossiers en profondeur pour « vulgariser au passage car les gens ont besoin de comprendre et se faire leur propre avis ».

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Cette opposition sera épaulée par plusieurs conseillers municipaux déterminés à suivre de près l'action de la majorité et à proposer des alternatives, garantissant ainsi un débat démocratique animé durant ce second mandat de Jean Cayron.