Christophe Rivenq reconduit maire d'Alès : une matinée électorale sous tension
Rivenq réélu maire d'Alès, l'opposition RN vigilante

Une matinée historique pour la capitale des Cévennes

Ce samedi 28 mars, la salle des Assemblées du bâtiment Atome à Alès a vibré au rythme d'un moment politique important. Le conseil municipal d'installation s'est réuni pour désigner le premier magistrat de la ville, aboutissant à la reconduction sans surprise de Christophe Rivenq à la mairie.

Un scrutin rapide et attendu

La cérémonie d'investiture, d'une durée d'un peu moins de deux heures, a vu l'ensemble des élus répondre présent : les 33 colistiers de la majorité sortante et les neuf conseillers municipaux du Rassemblement national formant l'opposition. Après un bref aparté de Max Roustan, maire honoraire et premier adjoint, le processus électoral s'est enclenché sous la supervision du plus jeune élu, Thibault Pellissier du RN, propulsé secrétaire de séance.

Le vote s'est déroulé à bulletin secret, bien que peu d'élus aient utilisé l'isoloir installé dans un coin de la salle. En à peine cinq minutes, Max Roustan a procédé au dépouillement et déclaré Christophe Rivenq vainqueur à 10h15, avec 34 voix contre 9 pour son adversaire Anthony Bordarier du Rassemblement national.

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Les mots forts de Max Roustan

L'intervention de Max Roustan a marqué l'assemblée. L'ancien maire, qui avait passé le témoin à son bras droit Christophe Rivenq un an plus tôt, s'est dit "très heureux que la décision que j'ai prise il y a quelque temps se concrétise aujourd'hui". Mais c'est en évoquant la campagne électorale que son discours a pris une tournure plus sombre.

"Jamais je n'ai vécu autant de haine. Ce qui est terrible quand on habite la même ville", a-t-il déclaré, pointant du doigt les détracteurs d'Alès. "Quelle réputation nous avons fait à notre ville ! Qu'ils se cassent ces gens-là ! J'ai très mal vécu cette campagne..."

Une équipe municipale renouvelée

Le maire reconduit sera entouré de douze adjoints, dont trois nouveaux venus :

  • Alain Aurèche (9e adjoint), ancien conseiller municipal
  • Léa Boyer (6e adjoint), ancienne conseillère municipale
  • Christophe Clauzel (11e adjoint), nouvel entrant et ancien secrétaire de la section alésienne du Parti socialiste

Les autres adjoints conservent leurs positions : Max Roustan (1er), Martine Magne (2e), Alain Bensakoun (3e), Catherine Larguier (4e), Christian Chambon (5e), Pierre Martin (7e), Michèle Veyret (8e), Marie-Claude Albaladejo (10e) et Raphaële Navarro (12e). Leurs délégations spécifiques seront précisées la semaine prochaine.

Le discours émouvant du maire réélu

Après avoir reçu l'écharpe tricolore des mains de Max Roustan, Christophe Rivenq a prononcé un discours improvisé. "J'ai envie, comme d'habitude, de vous parler avec mon cœur durant quelques minutes", a-t-il commencé, avant de rendre un hommage appuyé à son prédécesseur : "Il restera pour les années qui viennent, et peut-être pour les décennies, le meilleur maire d'Alès."

Reconnaissant la longueur de son intervention, il a souri : "Je m'excuse. Je vais être un peu long, mais c'est mon jour aujourd'hui !"

Les critiques acerbes de la campagne

Le sourire du maire s'est rapidement effacé lorsqu'il a évoqué la campagne électorale. Il a déploré un climat "international catastrophique" et "national délétère et angoissant", lançant une série de reproches contre ce qu'il a qualifié d'élus hors-sol, les "y-a-qu'à-faut-qu'onistes", les "sciences-po'tistes", et même un influenceur allemand venu observer les points de deal.

La presse, locale comme nationale, n'a pas été épargnée, accusée de noircir le tableau de la ville. Christophe Rivenq a particulièrement regretté que des sujets essentiels comme le logement, le développement économique, la culture ou l'éducation n'aient pas été suffisamment abordés durant la campagne.

"On a passé trois mois à balancer sur ma figure des thématiques qui n'ont aucune réalité avec les compétences des maires", a-t-il analysé, citant notamment la sécurité : "Nous sommes la ville la plus sécure de Languedoc-Roussillon !"

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Une vision ambitieuse pour Alès

Le maire a proclamé son amour pour la ville : "Oui, la ville d'Alès est la plus belle ville du monde pour moi !" Tout en reconnaissant les défis à relever en matière de santé et de dynamisme commercial, il a assuré que son équipe "continuera à tout mettre en place pour que les conditions soient réunies".

Il a également pris l'engagement de travailler pour tous les quartiers : "Il n'y en a pas que pour le centre-ville. Il y a tous les quartiers d'Alès. Nous serons partout. Nous allons travailler pour tous les quartiers, pour tous les habitants."

L'opposition du RN se positionne

Anthony Bordarier, nouveau leader de l'opposition municipale, a immédiatement défini sa ligne de conduite : "Nous ne serons pas une opposition de principe, systématique. Ni silencieuse !" Il a promis une action "exigeante" et "constructive", avec des élus "présents sur le terrain, et au sein de ce conseil".

Les brèves interventions de Thibault Pellissier en fin de séance ont confirmé que ce mandat ne serait pas de tout repos pour le maire réélu. Face à cette opposition déterminée, Christophe Rivenq a conclu en se présentant comme "à votre service" et "votre serviteur", promettant une proximité constante avec les Alésiens.

La première séance publique du conseil d'Alès Agglomération est quant à elle programmée le jeudi 9 avril à 18 heures, dans la même salle des Assemblées du bâtiment Atome, rue Michelet.