À La Rochelle, des élus demandent le report de votes avant les municipales
Report de votes avant les municipales à La Rochelle

Débats animés à l'Agglo de La Rochelle sur le calendrier des décisions

Alors que les élections municipales des 15 et 22 mars approchent à grands pas, une question cruciale se pose dans les collectivités territoriales : les élus de la majorité sortante doivent-ils se limiter à la gestion des affaires courantes ou continuer à exercer pleinement leurs prérogatives jusqu'à la fin de leur mandat ? Ce débat a pris une tournure particulièrement concrète lors du conseil communautaire de l'Agglomération de La Rochelle du 29 janvier dernier.

Des demandes de report systématiquement rejetées

Lors de cette réunion, les élus d'opposition du Renouveau (liste Falorni aux municipales de 2020) et les Écologistes ont explicitement demandé le report du vote concernant la désignation de l'opérateur pour l'aménagement du secteur des Salines. Ce projet prévoit la construction de 540 logements sur l'ancien parc des expositions. Leur argument principal : toute décision engageant l'avenir devrait attendre les nouvelles équipes qui seront désignées par les électeurs en mars. Cette requête a cependant été rejetée par la majorité en place.

Peu après, c'est une autre délibération qui a suscité des tensions. Il s'agissait de la création d'une filiale à la société d'économie mixte La Rochelle Tourisme et Événements, destinée à organiser des événements majeurs comme la Mini Transat prévue en 2027 et 2029 au départ de La Rochelle. Cette proposition a recueilli pas moins de 12 voix contre et une abstention, révélant des divisions même au sein de la majorité.

Des réserves exprimées par plusieurs élus

Line Méode, maire de Vérines, a justifié son vote défavorable en indiquant "manquer d'éléments" pour se prononcer favorablement. Jean-Luc Algay, vice-président au développement économique et membre du groupe Cohésion territoriale, a quant à lui dénoncé une "précipitation" injustifiée. Il a rappelé que des maires de son groupe "demandaient davantage d'explications", notamment concernant les engagements financiers futurs de la collectivité.

Stéphane Villain, vice-président au tourisme de l'Agglo et du Conseil départemental, a apporté des précisions chiffrées : "200 000 euros sur deux ans, c'est beaucoup d'argent". Dans un contexte de budgets tendus pour les collectivités, il estime que "ce n'est pas forcément le bon timing". Mais son argument principal reste politique : "La proximité des élections pose problème, c'est à la prochaine équipe de décider de ce type de choses".

La position ferme du président de l'Agglo

Face à ces critiques, Jean-François Fountaine, président divers gauche de l'Agglo, a défendu une position sans équivoque. Il affirme qu'"il faut travailler jusqu'au dernier jour du mandat" et assumer ses responsabilités jusqu'au bout. Concernant la création de la filiale, il explique : "La création d'une filiale est préférable à celle d'une association, car on garde la maîtrise publique. Le Vendée Globe et les Fêtes maritimes de Brest sont portés par une SEM".

Le président précise que le nouveau Conseil communautaire, qui sera installé fin avril, pourra librement utiliser cette filiale ou non. "Ce n'est pas très engageant pour nos successeurs. Mais ils l'utiliseront, j'en suis sûr", ajoute-t-il. Il justifie également le calendrier serré : reporter la décision à septembre aurait été "trop loin pour une course prévue en 2027".

Une décision maintenue avant les élections

Malgré les oppositions, la société d'économie mixte La Rochelle Tourisme et Événements, présidée par Jean-François Fountaine, tiendra donc une assemblée générale extraordinaire pour la création de cette filiale. Antoine Grau, maire sortant de Lagord (qui ne se représente pas) et principal artisan du retour de la Mini Transat à La Rochelle, est pressenti pour en devenir le président. Cette assemblée générale se tiendra "avant les élections municipales", confirmant ainsi la volonté de l'exécutif sortant d'assumer ses décisions jusqu'à la fin de son mandat.

Ce débat à l'Agglo de La Rochelle illustre parfaitement les tensions qui traversent de nombreuses collectivités à l'approche des échéances électorales, entre la légitimité démocratique des futurs élus et la responsabilité des sortants de poursuivre leur action jusqu'au terme de leur mandat.