Une alliance inattendue pour la présidence de la Communauté de communes
Le paysage politique de la Haute-Saintonge connaît un bouleversement majeur à l'approche des élections pour la présidence de la Communauté de communes. Raphaël Gérard, ancien député Renaissance de la quatrième circonscription de la Charente-Maritime et fraîchement élu maire de Lonzac, se porte officiellement candidat au fauteuil présidentiel. Ce qui fait de cette candidature un événement notable, c'est le soutien inattendu qu'il reçoit de trois figures politiques locales.
Le retrait stratégique de trois candidats
Initialement, cinq candidats étaient en lice pour succéder à Claude Belot, dont c'est le dernier mandat. La course se resserre désormais avec seulement trois candidats officiellement déclarés. Les ex-candidats Jean-Marc Thomas, maire de Saint-Simon-de-Bordes, et Emmanuel Festal, maire de Chevanceaux, ont annoncé leur retrait au profit de Raphaël Gérard. Ils sont rejoints dans ce mouvement par Christian Dugué, le maire de Pérignac, qui apporte également son soutien à l'ancien député.
Cette alliance constitue une véritable surprise sur l'échiquier politique local, créant un front uni face aux candidats de Jonzac, Christophe Cabri et Jean-François Mougard, qui restent en course avec leurs propres soutiens.
Les motivations d'une union politique
Jean-Marc Thomas explique cette décision stratégique : « La Communauté de communes est une grosse machine qui mérite d'avoir des épaules solides et beaucoup de temps à y consacrer. J'avais présenté ma candidature en juin 2025, comme une rupture avec la gouvernance de Claude Belot. Nous avons rencontré Raphaël Gérard et constaté que nous avions beaucoup d'idées et projets en commun. Nous avons donc décidé de nous rassembler autour de sa candidature. C'est quelqu'un qui a les épaules et le charisme pour être président. »
Raphaël Gérard, de son côté, insiste sur la nécessité d'une nouvelle approche : « En se retirant, le président Claude Belot nous lègue un héritage solide, qu'il nous appartiendra de faire fructifier et rayonner. Mais le temps des parcours solitaires, aussi visionnaires fussent-ils, est révolu. Les hommes de la trempe du président Belot incarnaient une autre époque, une autre approche de la politique. Ces figures, aussi marquantes soient-elles, appartiennent désormais au passé. »
Un projet centré sur l'équilibre territorial
Les protagonistes de cette alliance, aux sensibilités politiques diverses, refusent toute étiquette partisane. Ils s'accordent cependant sur un constat fondamental qui structure leur projet commun. Dans un communiqué conjoint, ils déclarent : « Les compétences existent dans chaque canton. Il est temps de les rassembler et d'en faire une force collective. Il n'y a aucune fatalité à ce que la politique de développement soit dictée par les représentants des trois ou quatre communes les plus importantes. Sans nier leur poids économique, nous devons dépasser les logiques de chacun pour soi et les pratiques clientélistes, afin de rétablir un équilibre entre le nord et le sud, entre les grandes et les petites communes. »
La campagne électorale s'intensifie
Désormais officielle, cette nouvelle alliance va battre le pavé à la rencontre des maires des 129 communes du territoire jusqu'aux élections prévues le mardi 7 avril. De leur côté, Christophe Cabri et Jean-François Mougard mènent leur propre campagne avec leurs soutiens respectifs.
La course à la succession de Claude Belot est bel et bien lancée, avec des enjeux qui dépassent la simple alternance politique. Il s'agit de définir l'avenir de la gouvernance territoriale en Haute-Saintonge, entre continuité et renouvellement des pratiques politiques. Les électeurs devront trancher lors du scrutin du 7 avril, qui promet d'être particulièrement disputé.



