Protocole sanitaire scolaire : les mairies du bassin de Thau en difficulté face à Omicron
Protocole sanitaire : les mairies du bassin de Thau en difficulté

Protocole sanitaire scolaire : les mairies du bassin de Thau en difficulté face à Omicron

Le nouveau protocole sanitaire et le variant Omicron désorganisent profondément les collectivités locales dans la gestion des écoles du bassin de Thau. Alors qu'une grève massive est annoncée pour le jeudi 13 janvier, les municipalités se mettent en ordre de bataille pour faire face et accueillir les écoliers dans des conditions extrêmement tendues.

Des élus contraints de remplacer le personnel absent

Dès la première semaine de la rentrée scolaire de janvier, les élus de la commune de Villeveyrac sont retournés à l'école. Pas sur ses bancs, ni pour rencontrer les élèves ou les enseignants, mais bien pour remplacer les agents qui ne pouvaient plus assurer leur poste en raison de l'épidémie de covid et du nouveau protocole sanitaire des établissements scolaires. C'est uniquement à cette condition que l'accueil périscolaire et la cantine ont pu se dérouler normalement.

Quelques communes ont même dû fermer des services essentiels, comme à Loupian où l'accueil du matin a dû être suspendu et les études annulées pendant un temps significatif. "C'est ingérable, incohérent et sur le terrain, difficile à organiser !", souligne avec force le maire de Villeveyrac, Christophe Morgo. "Les élus, on est un peu les oubliés. Depuis deux ans, il faut s'organiser comme on peut..."

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Une situation tendue dans toutes les communes

Le maire de Villeveyrac observe avec inquiétude les cas contact se multiplier et les files d'attente s'étirer devant les pharmacies. Il craint, à force d'absences et de contaminations répétées, une véritable "paralysie" des services municipaux. "Si on maintient ces contraintes, à un moment, on ne pourra pas continuer. Comment accueillir les enfants ? On serait obligés de fermer les écoles par manque de personnel", alerte-t-il.

Depuis l'entrée en vigueur du nouveau protocole sanitaire dans les écoles, et alors que le variant Omicron avance à grands pas, les difficultés se sont donc multipliées de manière exponentielle pour les petites communes du bassin de Thau. Mais même les villes plus importantes comme Sète ne sont pas épargnées.

Des adaptations permanentes et complexes

À Sète, bien que tous les accueils soient effectués dans les règles, la situation reste "très très tendue", selon les mots de l'adjointe au maire déléguée à l'éducation, Corinne Azaïs. "On fait appel à des personnes d'autres services. On jongle", explique-t-elle. L'adaptation doit être quotidienne, au gré des cas positifs, des contacts et des agents qui doivent garder leurs enfants eux-mêmes renvoyés à la maison.

Plusieurs élus soulignent la difficulté extrême de respecter à 100% le protocole sanitaire. Les consignes de non-brassage entre classes sont particulièrement contraignantes. À Poussan, il a ainsi fallu réfléchir à une solution alternative pour la cantine. "On pourrait basculer pour deux classes sur des repas froids pris dans des classes. Pour l'instant on s'en sort sans cela, mais on sera peut-être obligés d'y passer", indique la maire, Florence Sanchez.

Des stratégies de remplacement et des plans B

Dans toutes les communes du bassin de Thau, l'adaptation est permanente. À Poussan, la maire Florence Sanchez détaille sa stratégie : "Cela a été très compliqué pour nous avant les vacances de Noël. Là, on s'en est pas mal sortis. On a eu des classes fermées et des remplacements. L'Éducation nationale a joué le jeu. Par contre, le protocole reçu le dimanche soir pour le lundi matin... Ce n'est pas cool !"

L'organisation reste extrêmement compliquée pour tous les acteurs :

  • Pour les enseignants qui doivent appliquer des consignes changeantes
  • Pour les parents qui doivent s'adapter aux fermetures de classes
  • Pour les pharmacies qui saturent face à la demande de tests

À Villeveyrac, le respect du taux d'encadrement n'est pas évident non plus, avec des espaces réduits et un temps non extensible. D'autres communes comme Bouzigues ou Mèze parviennent à maintenir les services, mais dans une situation décrite comme "fragile".

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Partout, les élus se disent prêts à remplacer au pied levé le personnel absent. "Quand il y a besoin, on y va ! Nous sommes une petite collectivité. Ce ne sera pas la première fois qu'on remplacera des animateurs ou à la cantine", assure Florence Sanchez. Une mobilisation générale qui témoigne de l'ampleur des défis auxquels font face les collectivités du bassin de Thau dans cette période de crise sanitaire prolongée.