Périgord politique : une semaine de réconciliations et de tensions pré-électorales
La vie politique périgourdine a connu une semaine riche en rebondissements, mêlant réconciliations inattendues, calculs électoraux et tensions pré-électorales. De Périgueux à Bergerac, les acteurs locaux ont multiplié les déclarations et les manœuvres à l'approche des échéances municipales.
Une réconciliation qui fait du bruit
Jeudi 26 février, lors d'un interminable conseil communautaire du Grand Périgueux, une scène improbable a capté l'attention. Le président Jacques Auzou et sa première vice-présidente Delphine Labails, autrefois ennemis politiques désormais réconciliés, se sont lancés dans une conversation en aparté, perturbant momentanément la lecture d'une délibération. Rappelés à l'ordre avec bienveillance par leurs collègues, les deux élus en ont profité pour fanfaronner. « On aura peut-être les honneurs des tambours », a lancé Jacques Auzou avec humour. Prophétie réalisée, puisqu'il s'agissait de son dernier conseil en tant que président... en attendant les résultats des prochaines élections municipales.
Le calendrier électoral en question
Après celles de 2026, les prochaines élections municipales devraient normalement se tenir en 2032. Cependant, un lecteur attentif a fait remarquer que 2032 correspondrait également à une année d'élection présidentielle et potentiellement législative. Patrick François souligne avec humour : « Ce phénomène se reproduit tous les 25 ans et donc, si pas de changement de Constitution, rebelote en 2057. » Le ministère de l'Intérieur n'a pas encore tranché sur un éventuel report, qui nécessiterait une loi spécifique.
Visites et soutiens en campagne
À Ribérac, le maire sortant et conseiller régional Nicolas Platon, candidat à sa succession, a reçu le soutien d'Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine. Un communiqué de presse salue « la qualité du travail mené » et « son engagement constant au service des habitants ». Parallèlement, le Collectif de vigilance et de lutte contre les extrêmes droites de la Dordogne s'alarme de la multiplication des actes d'intimidation, citant des tags sur le local de La France insoumise à Périgueux et une croix gammée rue Chanzy.
Les manœuvres électorales
Le Rassemblement national a renoncé à présenter une liste à Périgueux, faute de colistiers suffisants. Florence Joubert, députée du Périgord vert et patronne du parti en Dordogne, déplore cet échec. À Bergerac, la campagne s'invite partout : lors de l'inauguration d'un lotissement, le conseiller régional socialiste Christophe Cathus accuse le maire sortant Jonathan Prioleaud de mélanger les genres, tandis que le conseiller municipal RN François Cornet se glisse sur la photo officielle. « Ce petit vent frais que vous sentez est celui du changement », aurait-il soufflé au maire.
Projets et polémiques
À Bergerac toujours, deux candidats, Thierry Roux et Fabien Ruet, proposent chacun une mutuelle municipale, s'accusant mutuellement de plagiat. Le maire sortant rappelle qu'un tel système existe déjà. Dans un registre plus surprenant, l'ancien député du Périgord vert Jean-Pierre Cubertafon s'est exprimé lors du Cannabis Europa Paris 2026 sur le cannabis médical, suscitant des réactions mitigées parmi ses supporters, qui le préfèrent en amateur de truffes.
Cette semaine politique périgourdine illustre les dynamiques complexes qui animent les territoires à l'approche des échéances électorales, entre alliances, rivalités et projets parfois inattendus.



