Une proposition de police municipale partagée émerge en Gironde
Christian Daire, le maire de Toulenne, a profité d'une rencontre avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu, jeudi 2 avril à Bordeaux, pour évoquer une idée qui pourrait transformer la sécurité locale. Invité parmi quinze maires à discuter des questions de sécurité, il a saisi cette opportunité pour présenter un projet de police municipale mutualisée entre plusieurs communes voisines.
Une nécessité face aux limites budgétaires et opérationnelles
Toulenne, commune de 2 800 habitants au sein de la Communauté de communes du Sud-Gironde, est actuellement la seule collectivité dotée d'un policier municipal en dehors de Langon, qui dispose d'une équipe de cinq agents. Cependant, cette situation montre ses limites : l'agent municipal de Toulenne est en arrêt de travail depuis sept mois, mettant en lumière les contraintes budgétaires et les aléas auxquels font face les petites communes.
« C'est juste une réflexion », tempère Christian Daire, tout en reconnaissant que cette idée trotte dans les têtes de plusieurs édiles du secteur depuis quelque temps déjà. La mutualisation des moyens apparaît comme une solution potentielle pour renforcer les effectifs et améliorer l'efficacité des interventions.
Un écho favorable parmi les élus locaux
Thomas Filliatre, maire de Preignac et ses 2 100 habitants, confirme avoir déjà échangé sur ce sujet avec Christian Daire il y a quelques années. « Ça permettrait de venir en appui des gendarmes », dont les effectifs sont jugés insuffisants par les élus locaux. Il précise les besoins concrets : « Nous, on aurait besoin de quelqu'un à mi-temps : à la sortie de l'école certains jours, pour les infractions à l'urbanisme, les soucis de voisinage… »
L'avantage d'une approche mutualisée réside également dans la sécurité des interventions. « Avoir un policier municipal, c'est bien, mais sur des sujets où il y a beaucoup de personnes, ça peut être délicat d'intervenir », explique Thomas Filliatre. La mutualisation offrirait une présence renforcée et plus adaptée aux situations complexes.
Des défis organisationnels et budgétaires à surmonter
La proposition soulève cependant de nombreuses questions, tant sur le plan organisationnel que budgétaire. « Si on était trois communes ensemble, on pourrait mutualiser les coûts », avance Thomas Filliatre, tout en assurant que d'autres collègues maires ne sont pas fermés à l'idée. Pour que le projet aboutisse, il faudra convaincre les voisins et mettre en place une structure adaptée.
« Ça veut dire qu'il faut qu'on soit tous d'accord, qu'on voie les missions », poursuit le maire de Preignac. « C'est encore au stade de l'idée, c'est embryonnaire, il faut prendre le temps. Mais le débat est ouvert et je sais qu'on en parlera dans l'année. »
Cette initiative illustre les réflexions en cours dans les territoires ruraux pour adapter les services publics aux réalités locales, en cherchant des solutions innovantes face aux contraintes financières et humaines.



