Le plan piscines au cœur de la bataille pour la présidence de la Cara
Le plan piscines, adopté à la majorité par les élus communautaires le vendredi 23 janvier 2026, s'impose déjà comme un sujet incontournable de la campagne pour la présidence de la Communauté d'agglomération Royan Atlantique (Cara). Ce projet ambitieux, qui a suscité de vifs débats, prévoit la réhabilitation de la piscine de Saujon et la construction de trois nouveaux bassins à Royan, Étaules et Cozes. Avec un coût d'investissement initial de 51 millions d'euros, il cristallise les tensions entre les candidats et les élus locaux.
Des positions divergentes entre les candidats
Le président sortant de l'Agglomération, Vincent Barraud, affirme qu'il mettra toute son énergie à réaliser ce plan s'il est réélu. Il défend la légitimité du vote et met en garde contre les risques d'une remise en cause. « Ça remettrait en cause la légitimité de ceux qui ont voté. Ce serait dangereux. Et puis si on revient en arrière il y aura rupture de contrat et ça pourrait nous coûter cher », explique-t-il. Barraud craint que revenir sur cette décision ne conduise à l'immobilisme et à des procédures coûteuses.
À l'inverse, Patrick Marengo, maire de Royan et vice-président en charge des grands projets, promet de faire revoter les conseillers communautaires s'il est élu président. Malgré avoir voté pour le plan, il critique son coût et estime nécessaire une validation par la nouvelle équipe. « Je n'imagine pas le nouveau président ne pas prendre l'avis des nouveaux élus sur un projet de ce montant… Nous reprendrons le plan dans sa globalité pour en rediscuter », déclare-t-il. Marengo assure que l'intérêt communautaire primerait, même si cela signifie renoncer à un équipement de 27 millions d'euros pour Royan.
Les inquiétudes des riverains et des élus locaux
Le projet rencontre également des résistances sur le terrain. À Étaules, le collectif « Prés-Air-vons le chemin de sable » et l'association Pays Royannais Environnement s'opposent à la construction prévue. Ils dénoncent l'impact sur la biodiversité, avec le défrichage de 68% du bois de la Picauderie, et la proximité des habitations. « Cet équipement sur pilotis va se retrouver à 21 mètres de nos habitations avec une vue plongeante sur nos propriétés. Ce n'est pas possible », affirment Grégoire Binher, riverain, et Bruno Lichère, trésorier de l'association.
À Cozes, la maire Patricia Chaigneault juge le plan trop onéreux et inadapté. Elle préférerait une rénovation de la piscine existante avec l'ajout d'un toit, estimant que cela suffirait aux besoins des familles locales. Ces oppositions locales pourraient donner lieu à des recours contre les permis de construire, ce que Patrick Marengo redoute, craignant un enlisement du dossier.
Un climat de méfiance entre les protagonistes
Vincent Barraud exprime des doutes sur l'engagement de Patrick Marengo dans ce dossier. « En tant que maire de Royan il met un point d'honneur à aller au bout des projets qu'il lance, et c'est très bien, mais j'ai l'impression qu'à la Cara nous n'avons pas le même homme… », soupçonne-t-il. Cette divergence de visions illustre les tensions qui traversent l'agglomération, où les enjeux locaux et communautaires s'entremêlent.
Le plan piscines, au-delà de son aspect technique, devient ainsi un symbole des choix politiques et des priorités pour l'avenir de la Cara. Les électeurs devront trancher entre une continuité assumée par Vincent Barraud et une remise en question portée par Patrick Marengo, dans un contexte où les préoccupations environnementales et financières pèsent lourd.



