Le maire de Cambo-les-Bains se lance dans la course à la présidence de la CAPB
Sa candidature était attendue mais elle n'avait pas encore été officiellement formulée. Ce jeudi 9 avril, Peio Etxeleku, maire de Cambo-les-Bains, a finalement fait part de son intention de se présenter à la présidence de la Communauté d'agglomération Pays basque (CAPB). Dans une déclaration exclusive au journal Sud Ouest, il a expliqué les motivations qui le poussent à briguer ce poste important.
"Mon parcours d'entrepreneur engagé sur le territoire, ma connaissance fine du milieu économique et mon expérience d'élu me motivent à être candidat", a-t-il déclaré avec conviction. Pour lui, cette candidature représente une opportunité de changer les choses dans une région qu'il connaît intimement.
Un constat alarmant des déséquilibres territoriaux
Peio Etxeleku dresse un tableau préoccupant de la situation actuelle dans le Pays basque. "Trop de déséquilibres existent et ont tendance à se renforcer entre la Côte et l'intérieur des terres", souligne-t-il avec gravité. Selon son analyse, la Côte concentre l'emploi et les métiers d'avenir, tandis qu'une partie du Labourd et du rétro-littoral se transforment progressivement en zones dortoirs.
La situation est encore plus critique en Soule et en Basse-Navarre, où la désertification s'accélère petit à petit, menaçant l'équilibre démographique et économique de ces territoires. Ces constats l'ont convaincu que le moment était venu d'agir et de proposer une nouvelle vision pour la région.
Une nouvelle ère pour la CAPB
Dans un communiqué officiel, Peio Etxeleku annonce que "l'heure est venue d'ouvrir le temps 2 de la CAPB". Il entend s'appuyer sur la stratégie édictée par le Scot (schéma de cohérence territoriale) pour mettre en œuvre son programme ambitieux. Son objectif principal est clair : contrecarrer les déséquilibres qui fragilisent le territoire.
"Il faut mieux irriguer le Pays basque intérieur avec de l'emploi et des métiers créateurs de richesse", insiste-t-il. Il prône également une meilleure complémentarité des modèles agricoles, qui doivent s'adapter aux changements climatiques. Son ambition ultime est que l'ancrage professionnel et personnel soient aussi épanouissants dans l'intérieur des terres que dans une grande métropole.
Plus de frugalité, moins de bureaucratie
L'un des piliers de son programme repose sur la promesse d'"plus de frugalité et moins de technostructures". Il estime que les leviers fiscaux ont atteint leurs limites et qu'une nouvelle approche est nécessaire. "Il faut une décentralisation de la gestion des services et de la cohérence dans les initiatives politiques territoriales", explique-t-il.
Pour y parvenir, il propose un meilleur pilotage et plus de confiance accordée aux pôles territoriaux. Cette vision s'oppose à celle d'autres candidats, comme Pascal Lesellier, élu d'extrême droite à la mairie de Bayonne, qui a également annoncé sa candidature.
Une campagne qui s'annonce animée
Pascal Lesellier a fait connaître sa candidature par communiqué, déclarant vouloir "exprimer une voix singulière, celle du maintien de la commune comme institution politique majeure dans une démocratie dynamique". Il met en garde contre le risque de transformer la CAPB en "une petite Union européenne locale bureaucratique et technocratique".
Il prône plutôt la mise en place d'une conférence des maires et un assouplissement de la répartition des compétences entre les communes et l'intercommunalité. Sa priorité absolue reste le développement des services communs à la carte, adaptés aux besoins spécifiques de chaque territoire.
Cette double candidature annonce une campagne électorale riche en débats sur l'avenir de la Communauté d'agglomération Pays basque. Les électeurs devront choisir entre différentes visions de la gouvernance territoriale, entre centralisation et décentralisation, entre technostructure et frugalité.



