Le retour d'un médecin libéral à la tête d'Ondres
Vingt-cinq ans après un premier mandat, Patrick de Casanove est de retour à la mairie d'Ondres. Élu avec 57,25% des suffrages exprimés lors du second tour des élections municipales du 22 mars 2026, ce médecin généraliste retraité retrouve une fonction qu'il avait déjà occupée entre 1994 et 2001. La tête de la liste Espoir et sérénité pour les Ondrais revient ainsi au chevet d'une commune qu'il connaît intimement.
Un héritage médical et familial profond
« C'est le docteur qui va redevenir maire ! Si vous saviez comme il a aidé ma mère avant qu'elle ne parte », témoigne un habitant présent lors du dépouillement. Cet éloge spontané résume bien l'homme. Enfant du village, Patrick de Casanove a soigné ses premiers patients ondrais dès 1983, d'abord en remplaçant son père Jacques, puis en s'associant avec lui à partir de 1986.
« Je ne me voyais pas faire autre chose que médecine. C'est dans ma personnalité d'aider les gens », confie-t-il. Héritier d'un véritable sacerdoce où l'on ne comptait ni les heures ni la peine, il a poursuivi son engagement au-delà du cabinet médical, devenant même médecin coordonnateur de l'Ehpad municipal de Tarnos en 2017.
Une pensée politique nourrie par Frédéric Bastiat
Pourtant, Patrick de Casanove détonne dans le paysage politique local. Catholique pratiquant, il ne brandit pas sa foi comme un étendard électoral, mais la considère comme une boussole intérieure. Pour lui, la politique n'est pas une carrière, mais une extension naturelle de son art médical.
Sa pensée politique puise ses racines dans les idées de Frédéric Bastiat, le chantre du « laisser-faire, laisser-passer » dont le buste trône à Mugron. « C'est en 1995 que Marie Aphatie m'a dit qu'avec mes idées, je devrais aller au Cercle Frédéric Bastiat », se souvient celui qui a présidé cette association de 2011 à 2024.
« Être libéral, c'est une éthique de vie »
« Être libéral, c'est une éthique de vie pour moi », affirme Patrick de Casanove. Il place au sommet de tout les droits naturels : liberté, propriété, personnalité. Pour le nouveau maire d'Ondres, l'État n'est pas une providence, mais un système coupable de « spoliation légale » par l'impôt et l'extension de ses prérogatives au-delà des fonctions régaliennes.
« Même Marine Le Pen est socialiste ! Et ne me dites pas que Zemmour est un libéral », lance-t-il sans détour. Se définissant comme libéral-minarchiste, conservateur et souverainiste, il se sent « plus proche d'un anarchiste que d'un homme politique de droite ».
Un parcours politique singulier
Adhérent au RPR en 1981, dans la foulée de l'arrivée de François Mitterrand au pouvoir, Patrick de Casanove a progressivement perdu ses illusions. Il s'est engagé aux côtés d'Alain Madelin puis d'Édouard Husson pour les élections européennes de 2024, mais son antieuropéanisme s'est renforcé.
« On nous promettait la paix et la prospérité ; nous n'avons ni l'un ni l'autre ! L'Union européenne est devenue irréformable et l'on doit se poser la question d'en sortir », estime-t-il, rappelant les 55% de Français ayant rejeté le traité constitutionnel européen en 2005.
Des projets municipaux sous le signe de la minarchie
Redevenu maire, sa marge de manœuvre pour expérimenter les idées de Bastiat à l'échelon communal reste limitée. Il envisage néanmoins plusieurs initiatives :
- Un référendum local pour « augmenter la dignité des habitants en leur donnant la parole » sur des sujets importants
- Une réflexion sur la police municipale et son armement
- Une baisse de la fiscalité locale
Critique face au « capitalisme de connivence », il prône « un salaire complet », une refonte du financement de l'assurance santé et souhaite que « la coopération naturelle et spontanée » remplace les relations commerciales forcées. Avec la Suisse pour modèle, il alerte contre « la dérive totalitaire » observée selon lui en France pendant la crise du Covid.
« J'ai un sentiment d'impuissance, mais je bataille beaucoup », conclut Patrick de Casanove, conscient des limites de son action face à « la régence des technocrates bruxellois et fonctionnaires de l'État ». Vingt-cinq ans après son premier passage, le médecin libéral revient ainsi à la mairie d'Ondres avec les mêmes convictions, mais une expérience enrichie.



