Orthez : le nouveau maire Benjamin Moutet instaure une gouvernance participative inspirée d'En marche !
Orthez : le nouveau maire instaure une gouvernance participative

Orthez adopte une nouvelle gouvernance sous l'impulsion de Benjamin Moutet

Le slogan « Orthez, c'est nous tous ! », porté par Benjamin Moutet durant la campagne électorale, a résonné comme un écho au « En marche ! » rassembleur d'Emmanuel Macron lors de la présidentielle de 2017. À 43 ans, le dirigeant des Tissages Moutet a su capter l'attention des électeurs avec une ambition claire : « Porter une vision, initier une mobilisation collective et construire un projet commun ». Cette volonté participative a été plébiscitée dès le premier tour des municipales, le 15 mars, avec un score impressionnant de 57,02 % des suffrages.

Une dynamique collaborative inspirée du macronisme

Benjamin Moutet a distillé sa philosophie collaborative au cours de 30 réunions publiques organisées pendant la campagne. Cette démarche séduit une population lassée des polémiques clivantes, rappelant stratégiquement celle d'Emmanuel Macron en 2017. À Orthez, le contexte local ajoute une dimension particulière : après l'équipe municipale d'Yves Darrigrand, élue en 2014 mais implosée en 2017 à cause de dissensions internes, et le mandat d'Emmanuel Hanon, la ville semble prête pour un renouveau.

Le maire sortant, Emmanuel Hanon, a choisi de ne pas se représenter après huit ans à la tête de la ville. C'est son adjointe à l'éducation, Jeanne Lamazère-Destugues, qui a porté la candidature de la majorité sortante, obtenant 20,76 % des voix. Elle siège désormais dans l'opposition, aux côtés de l'ex-opposant macroniste Jean-Michel Bergès et de Fabienne Pit, ancienne adjointe de Bernard Molères. L'opposition comprend également les candidats du Rassemblement national, Nicolas Cresson et Kethlyn Debray (15,25 %), et Éric Delteil pour le Parti des Travailleurs (6,96 %).

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Une organisation municipale innovante autour de 11 thématiques

Lors du premier conseil municipal suivant son investiture, Benjamin Moutet a détaillé le fonctionnement de son équipe. « Notre idée, c'est de nous organiser autour des 10 thématiques qu'on a construites pendant la campagne, plus un 11e chapitre, celui des finances », a-t-il expliqué. Cependant, la taille du conseil municipal n'autorise que neuf adjoints, ce qui a conduit à une redistribution originale de l'enveloppe indemnitaire.

Pour garantir une équité, les élus porteurs d'une délégation touchent la même somme que les adjoints officiels. Le maire lui-même a symboliquement baissé ses indemnités de 200 euros. Cette décision vise à soutenir une structure où « ceux qui ont reçu délégation » assument des responsabilités spécifiques :

  • Marylie Loison pour les finances
  • Cécile Coudroy à l'administration générale
  • Jean-René Laplace à l'urbanisme et aux travaux
  • Pierrette Domblides aux affaires sociales et à la solidarité
  • Jérôme Clemenceau à la sécurité
  • Aurélie Darrieutort au sport et à la vie associative
  • Cédric Perrin à la citoyenneté
  • Sandra Peres à la culture
  • Étienne Fons à la santé
  • Véronique Labaisse à l'éducation

Le chapitre économie a été scindé entre Denis Lartigue, pour le commerce orthézien, et Éric Gormand, pour les sujets liés à la Communauté de communes de Lacq-Orthez. Ces élus bénéficient en outre de l'appui d'une « deuxième ligne » de conseillers, formant des binômes pour renforcer leur mobilisation. « Car l'engagement qu'on a pris, c'est d'avoir des gens qui soient mobilisés », justifie Benjamin Moutet.

Des critiques sur les disparités indemnitaires

Cette nouvelle gouvernance n'a pas manqué de susciter des réactions dans l'opposition. Jeanne Lamazère-Destugues a déploré une contradiction entre le discours collaboratif et la réalité des indemnités : « Vous avez annoncé vouloir travailler en collaboration avec l'opposition, mais la différence d'indemnités entre conseillers de la majorité et de l'opposition est en contradiction avec ce discours ». En effet, les conseillers de la majorité perçoivent 160 euros, contre seulement 50 euros pour ceux de l'opposition.

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Le maire a assumé ce choix, mettant en avant l'importante charge de travail des élus en responsabilité. Cette position illustre les défis de concilier innovation participative et équité dans la gestion municipale, un débat qui promet d'animer les prochains conseils d'Orthez.