Monein face à des choix budgétaires difficiles
Le conseil municipal de Monein s'est ouvert jeudi 9 avril par l'élection des conseillers appelés à siéger dans les organismes publics et les commissions municipales. Cette séance a été marquée par l'adoption à l'unanimité du compte financier unique, clôturant ainsi l'exercice 2025, avant de laisser place à un débat d'orientations budgétaires particulièrement tendu.
Un contexte financier alarmant
Le maire Yves Salanave-Péhé a dressé un tableau prospectif inquiétant, soulignant un contexte sévèrement contraint par la baisse des dotations de l'État et « la revalorisation toujours plus réduite des valeurs locatives », qui ne s'élèvera qu'à 0,8% en 2026. Cette valeur sert de base au calcul des impôts fonciers, ce qui aggrave la situation. « L'effet ciseau joue à plein », a-t-il insisté, prévoyant dans un scénario au fil de l'eau une épargne nette famélique qui deviendra négative en raison de trois chocs financiers majeurs à absorber.
Ces chocs comprennent :
- Un effort supplémentaire de 48 000 euros pour sauver l'accueil de loisirs porté par le centre social.
- La constitution d'une provision de 186 000 euros, répartie sur trois ans, en prévision du contentieux concernant le padel érigé par Arnaud Estreboou dans le bourg.
- Une demande de régularisation par l'État d'une opération ancienne, représentant une surprise de 143 000 euros.
Mesures curatives et débats houleux
Face à ces défis, le maire a annoncé une année blanche en matière d'investissement et le recours à la fiscalité, avec une hausse prévue de 2,13% des taxes foncières. « On se serait passé, dès la première année, d'une hausse d'impôt », a concédé Yves Salanave-Péhé, exprimant son regret devant cette nécessité.
Le conseiller Bertrand Vergez-Pascal a interrogé sur la possibilité d'étudier d'autres solutions, évoquant notamment le transfert de compétences vers la Communauté de Communes du Lacq-Orthez (CCLO). Le maire a répondu avec prudence, estimant qu'il serait imprudent de tabler sur ces transferts, qui ne représenteraient qu'une opération neutre. Il a été soutenu par Christophe Garcia, qui a souligné que la CCLO pourrait aussi chercher à se délester de certaines compétences.
Un geste symbolique du maire
Dans les discussions finales, la décision du maire de réduire son indemnité de fonction de 2 396,44 € à 822,10 € a été votée à l'unanimité. Yves Salanave-Péhé a précisé que ce choix était personnel et non dicté par des mesures d'écrêtement. « Elle est dictée par un choix personnel et je ne suis pas concerné par des mesures d'écrêtement », a-t-il conclu, rappelant également son rôle d'élu départemental.
Cette séance du conseil municipal de Monein illustre les difficultés financières auxquelles font face de nombreuses communes, obligées de prendre des décisions difficiles pour équilibrer leurs budgets tout en maintenant des services essentiels à la population.



