La Rochelle : Le projet de microcrèches privées divise le conseil municipal
Microcrèches privées à La Rochelle : Le conseil municipal divisé

La Rochelle : Le projet de microcrèches privées divise le conseil municipal

Le conseil municipal de La Rochelle s'est réuni lundi 2 mars pour examiner deux délibérations portant sur la création de microcrèches privées dans les quartiers Beauregard et Bel-Air. Ce sujet, à peine effleuré lors d'un débat organisé par les centres sociaux, avait déjà révélé des divergences entre les candidats aux élections municipales rochelaises. La société Little Pums, déjà implantée dans la ville, souhaite ouvrir deux structures d'accueil, chacune pouvant recevoir 12 enfants âgés de 10 semaines à 4 ans, avec des horaires d'ouverture de 7 h 30 à 19 h 30, cinq jours par semaine.

Une opposition ferme de la majorité municipale

Jamila Mâameri-Boyeldieu, conseillère déléguée à la petite enfance, a annoncé que la majorité municipale se prononcerait contre le projet. Elle a justifié cette position en invoquant plusieurs arguments : la baisse des naissances dans la Communauté d'agglomération, un taux de couverture moyen de 66 % pour l'accueil des jeunes enfants, une diminution du nombre d'assistantes maternelles et des perspectives d'évolution de l'offre existante, qui prévoient une augmentation de 50 places collectives dans les années à venir.

« Aujourd'hui, il n'y a pas d'urgence à créer du berceau », a déclaré Jamila Mâameri-Boyeldieu. « S'il n'y avait plus de places chez les assistantes maternelles, je dirais qu'il faut créer des crèches privées. » L'élue a également évoqué des « dérives » avec les structures privées, qu'elle accuse d'avoir entraîné une « financiarisation d'un système que nous ne contrôlons pas ».

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Des voix discordantes en faveur de la pluralité

Malgré l'opposition de la majorité, certains élus ont défendu le projet. Chantal Vetter, adjointe de la majorité mais désormais sur la liste de gauche de Maryline Simoné, a souligné que la « pluralité d'acteurs et de solutions » constitue une « richesse » permettant de répondre à des situations familiales diverses, à des contraintes professionnelles variées et à des besoins non uniformes. Eugénie Têtenoire, également adjointe de la majorité, a partagé son expérience personnelle, expliquant qu'elle n'aurait « pas pu être là le lundi » sans cette solution, en raison de ses horaires atypiques.

Michel Tillaud, soutien d'Olivier Falorni, s'est étonné que le maire Thibaut Guiraud, « ancien directeur de clinique », s'oppose à la création d'une structure privée. Séverine Carrier, conseillère d'opposition (Le Renouveau), a critiqué plus fermement ce refus, le qualifiant de rejet d'une « initiative créatrice d'emplois ». Elle a insisté sur le fait que le niveau de demandes de places en crèche reste élevé et a réclamé un réexamen de la délibération, ainsi que « la liberté aux familles de choisir ».

La protection des assistantes maternelles au cœur du débat

Un autre point de discorde a concerné l'impact des microcrèches privées sur les assistantes maternelles. Nadège Désir (sans groupe) s'est inquiétée de la situation de certaines « nounous », citant l'exemple d'une assistante maternelle à Villeneuve-les-Salines qui n'a actuellement pas d'enfants à garder, et donc pas de travail ni de salaire. « Donner un avis favorable pour ouvrir une crèche privée, c'est priver des assistantes maternelles », a-t-elle résumé.

Séverine Carrier a estimé que les assistantes maternelles d'aujourd'hui sont moins flexibles et « choisissent leurs horaires ». En réponse, Jamila Mâameri-Boyeldieu a pris leur défense, rappelant qu'il y a 500 assistantes dans l'agglomération, dont 130 à La Rochelle, et que 30 % d'entre elles déclarent accepter les horaires atypiques.

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Un débat apprécié mais un avis défavorable acté

Thibaut Guiraud, le maire de La Rochelle, a « énormément apprécié » le débat. Tout en soulignant la qualité des projets et la bonne foi du promoteur, il a développé le raisonnement de Jamila Mâameri-Boyeldieu, exprimant sa crainte de « déséquilibrer » l'offre du territoire. Finalement, l'avis défavorable a été acté par le conseil municipal, avec 12 voix contre et 6 abstentions, mettant ainsi un terme temporaire au projet de microcrèches privées à Beauregard et Bel-Air.

Ce vote reflète les tensions persistantes autour de la gestion de la petite enfance à La Rochelle, où les questions d'équilibre entre secteur public et privé, de flexibilité des horaires et de protection des emplois locaux continuent de diviser les élus et les habitants.