Une élection décisive pour le Bassin de Marennes
Ce mardi 7 avril, l'installation du nouveau conseil communautaire du Bassin de Marennes a tenu toutes ses promesses, dans un climat électrique mais finalement apaisé. Avant même le passage aux urnes, le ton était donné par Guy Proteau, maire historique de Bourcefranc-le-Chapus, qui avait abattu ses cartes en vantant douze ans de mandat intercommunal, une maîtrise des dossiers, une équipe expérimentée et un désir affiché de corriger la « représentativité » des petites communes.
Un scrutin sans appel
Face à lui, Mariane Luqué, tout juste élue maire de Marennes-Hiers-Brouage, n'a pas cillé. Devant un public d'une vingtaine de personnes, le dépouillement a scellé le choix de l'assemblée. Le verdict est sans appel : Mariane Luqué a recueilli 17 voix, contre 8 pour Guy Proteau et 2 pour Richard Guérit, élu d'opposition RN à Marennes.
Visée pour sa proximité avec le sénateur Mickaël Vallet, la nouvelle présidente a profité de sa tribune pour recadrer froidement ses détracteurs. « À ceux qui me disent téléguidée, je leur réponds que c'est mal me connaître. Je leur dis aussi qu'une telle accusation est un manque profond de respect envers ma personne, envers mon parcours, envers mes électeurs aussi ! » a-t-elle déclaré.
Un appel à l'unité et à la parité
La maire de Marennes a ainsi appelé « à travailler dans l'intérêt de chaque commune, pas que la ville-centre et à un climat de travail apaisé car notre communauté de communes est trop petite pour une guerre de clochers ». Afin de couper court aux critiques et de s'éviter un mandat sous tension, elle a immédiatement proposé un bureau d'union.
Les cinq autres maires du bassin – Bourcefranc-le-Chapus, Le Gua, Saint-Sornin, Nieulle-sur-Seudre et Saint-Just-Luzac – héritent chacun d'une vice-présidence. Les délégations spécifiques seront décidées lors du conseil communautaire du 28 avril prochain.
Une féminisation assumée
Cette initiative a été appréciée par la maire de Saint-Just Luzac, Ghislaine Le Rocheleuil-Bégu, jusqu'alors privée de vice-présidence. « J'ai ma façon de dire, je ne suis pas une béni-oui-oui. S'il y a quelqu'un qui lit les budgets, c'est bien moi, de A à Z », a-t-elle rappelé, se réjouissant de faire partie d'un exécutif dont la « barre a été mise haute » en matière de parité par Mariane Luqué.
En effet, avec l'arrivée aux postes de vice-présidentes de la nouvelle maire du Gua, Évelyne Berusseau, et de l'élue marennaise Marie-Hélène Aubert, ancienne députée européenne et vice-présidente de l'Assemblée nationale, on peut y lire une forme de rupture avec une féminisation assumée à la tête de la communauté de communes.
Les réactions des perdants
Après la réunion, le perdant Guy Proteau, qui retrouve son rôle de troisième vice-président, ne semblait pas chagriné par le résultat. « Non, la messe était dite d'avant. J'ai reçu des appels des conseillers départementaux cette semaine. On va dire qu'il y avait une salade niçoise qui était faite avant. Faut dire ce qui est, les politiques sont passés par là. »
Cette « tambouille » électorale, que le maire de Bourcefranc pointe du doigt, fait écho à son discours préliminaire où il se disait « insatisfait du niveau de la représentativité des communes à la CdC » et souhaitait la réformer. Malgré cela, la nouvelle équipe semble prête à avancer dans un esprit d'union et de collaboration renforcée.



