Philippe Vidau, maire d'Objat : 1 500 euros nets par mois pour 70 heures de travail hebdomadaires
Le salaire et le quotidien du maire d'Objat en Corrèze

Philippe Vidau, maire d'Objat : un engagement rémunéré 1 500 euros nets par mois

1 500 euros nets d'impôts par mois. C'est la rémunération que perçoit Philippe Vidau, maire de la commune d'Objat en Corrèze, pour diriger ce village de 3 700 habitants. Élu pour la première fois en 2008 après avoir siégé au conseil municipal depuis 1983, il explique sa motivation : « Quand on remplit une mission de maire, on le fait parce qu'on a envie de faire avancer ta commune, de dénouer des situations, parce qu'on aime les gens ».

Une indemnité de fonction, pas un salaire

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, un maire ne touche pas un salaire mais une indemnité de fonction fixée par l'État selon la taille de la commune. Pour Objat, cette indemnité s'élève à 2 396,44 euros bruts. Philippe Vidau complète cette somme avec 1 400 euros nets mensuels en tant que vice-président du conseil communautaire de l'agglomération de Brive, ce qui lui permet de ne pas avoir besoin d'un autre emploi.

Des journées marathon de 50 à 70 heures par semaine

Le quotidien du maire d'Objat est particulièrement chargé : « Je travaille entre 50 et 70 heures par semaine », affirme-t-il. Son emploi du temps type commence à 6h15 avec la lecture de la presse numérique, suivi de diverses activités :

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  • Signature de documents à la mairie
  • Réunions programmées
  • Visites de chantier
  • Conseils d'administration
  • Rencontres pendant le déjeuner
  • Réunions du conseil communautaire

Les journées se terminent généralement après 23 heures, lorsque le soleil est déjà couché depuis longtemps.

Un partage de l'indemnité avec toute la municipalité

Depuis douze ans, Philippe Vidau a mis en place un système de partage de l'enveloppe budgétaire de 97 000 euros initialement destinée au maire et à ses adjoints. Il la répartit maintenant entre les 29 membres de la municipalité (adjoints, conseillers municipaux, conseillers municipaux délégués). Cette pratique est facilitée par la loi Engagement et Proximité adoptée le 27 décembre 2019.

Un parcours professionnel et un engagement de longue date

Avant de devenir maire, Philippe Vidau a travaillé 36 ans dans une entreprise agroalimentaire locale, terminant directeur adjoint. Son engagement politique, commencé en 1983, s'inscrit dans une logique de service : « Ma vie professionnelle a été entrecoupée de bénévolat. J'ai été chef de centre des sapeurs-pompiers pendant vingt ans ».

Il a également organisé des concerts en faisant venir des artistes comme Garou, Sardou et Johnny Hallyday. Après le décès du maire Jacques Lagrave en 2007, il se lance dans la course et est réélu en 2014 et 2020 avec plus de 60% des voix à chaque fois.

Une gestion budgétaire rigoureuse héritée de sa mère

Veuf et père de deux filles, Philippe Vidau a hérité de sa mère un sens aigu de la gestion : « J'ai depuis toujours un petit cahier, où je note les recettes et les dépenses ». Ses charges fixes mensuelles comprennent :

  • 370 euros d'assurances
  • 180 euros de taxe foncière
  • 230 euros d'eau et d'électricité
  • 120 euros pour Internet, téléphone et télévision
  • 700 euros pour l'alimentation
  • 350 euros d'essence (20 000 km par an)
  • 450 euros d'entretien de sa maison

« Mon indemnité de maire est complètement dépensée. Ce n'est pas de l'argent qui rentre en plus dans mon ménage », précise-t-il.

Un regard critique sur la confiance accordée aux élus

À 73 ans, Philippe Vidau entame ce qu'il considère comme son dernier mandat. Il souhaite transmettre son expérience aux générations suivantes et exprime sa frustration face au manque de confiance de l'État envers les maires : « L'État ne fait pas confiance aux maires. Alors qu'ils sont en capacité d'agir, parce qu'ils connaissent leur territoire. Mais on est assailli de normes ».

Il plaide plutôt pour une augmentation des dotations de l'État aux communes qui gèrent bien leur budget. Concernant la question des indemnités, il est catégorique : « Le rapport à l'argent d'un élu, c'est un faux problème. Celui qui prend une charge de maire, s'il est là pour l'argent, il vaut mieux qu'il reste chez lui ».

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Il ajoute : « Si on devait payer les élus en fonction de la charge de travail, des responsabilités qu'ils prennent, ils seraient beaucoup mieux payés ». Malgré son indemnité modeste, Philippe Vidau assure qu'il pourra vivre de sa retraite de cadre d'entreprise lorsqu'il quittera ses fonctions municipales.